Dave 2000: Un Château Perpétuel -Interview Exclusive-

Vues d’ exposition ‘Un Château perpétuel’ Le Dernier cri, La friche belle de mai
Photographié par REAP, Marseille, Février 2022

“Un château perpétuel est un vortex, une méta-peinture sans limites de dimensions ni de bords où l’ héritage dadaïste, expressionniste et médiéval se colisionnent avec d’ anciennes cultures et d’ autres plus modernes dans une vision fantastique.

Un château perpétuel est un fleuve de papiers peints puis découpés, un flux continu de peinture comme une fin en soi qui ne propose pas un résultat mais de multiples formes et combinaisons.Un château perpétuel se développe et étend son espace au gré des pinceaux et de leur fantaisie. Dans un chateau chaque élément fonctionne en lui même comme dans un tout fractal. Quant-au peintre d’ un château, il s’ y trouve comme Alice au pays des merveilles, il rêve et fabrique sa réalité en même temps qu’ il la traverse. Dans un château perpétuel, un peintre ne s’ autorise pas de s’accompagner de croquis préparatoires, pas plus qu’ il ne se permet une esquisse sur les supports.”

Vues d’ exposition ‘Un Château perpétuel’ Le Dernier cri, La friche belle de mai
Photographié par REAP, Marseille, Février 2022

Bonjour Dave, après une longue pause, j’espère que vous pourrez nous accorder un peu de temps pour avoir une petite conversation spécialement lorsque vous serez de retour dans le cyberespace avec vos aquarelles. Tout d’abord, merci beaucoup pour vos efforts et votre soutien pour notre exposition collective “Retina Decadence” il y a 2 ans. Malgré la faible participation due à la pandémie, l’exposition a été l’un des jalons de l’histoire de l’art souterrain d’Istanbul. Nous n’avons toujours pas réussi à nous débarrasser des effets des vidéo-animations d’Acid TV.

Malheureusement, la galerie a été bientôt fermée, mais les activités clandestines continuent à plein régime, et en tant que fanzine Löpçük, je fais de mon mieux pour créer une culture graphique critique anti-impérialiste.

Peut-on parler d’un vivre-underground computer culture aujourd’hui, où même le concept de « cyberpunk » s’est éloigné de son contexte et s’est transformé en une perception techno-fétichiste et s’est vidé ?

Il semble que la scène démo est toujours et contre toute attente encore extrêmement vivace. On peut y voir des choses artistiquement significtatives par exemple dans les compétitions de démos limitées à 4kb octets. Pour donner un ordre d’ idée un CV sauvegardé sous Word pèse entre 20 Kb et 30 Kb. Dans ces 4 Ko octets des orfèvres du code peuvent faire tourner : un moteur 3D et un contenu pour le moteur 3D. Ces démos sont de véritables performances, le code est au caractère près. C’ est de la pure poésie mathématique et syntaxique. Certains codeurs ont mis au point des moteurs 3D pour des ordinateurs “obsolètes” tels que des Commodore 64 ou même des ZX spectrum tandisqu’ il étaient considérés impossibles à programmer du temps où ces machines étaient utilisées dans les années 80/90. C’ est un point important ici et qui fait écho à l’ émergence des IA génératrices d’ images (Midjourney, DALL E 2 …). Ces IA sont proposées à qui le voudra pour jouer le rôle de “directeur artistique”; il s’ agit d’ écrire une simple phrase qui sera ensuite interprêtée par l’ IA qui produira une image faisant appel à des supercalculateurs dont l’ énergie nécessaire au fonctionnement est celle d’ un avion de ligne à sa vitesse de croisière.

Dreamdealers ‘Inner Vision’ Amiga demo (1991)

Pour en revenir à nos coders architectes des mathématiques ils ont le rôle inverse de ces IA dopées aux supercs aclculateurs en codant aujourd’ hui des programmes inconcevables dans les années 80, non pas car la technologie n’était pas assez avancée pour les concevoir – un Commodore 64 est aujourd’ hui le même qu’ en 1982 – mais bien par les progrès de la connaissance humaine en matière de programmation, non par un progrès technologique. Ces rétro demo makers sont les anges maudits des industriels du tout numérique leur philosophie n’ étant non pas le progrès en ligne droite de la technologie (et jusqu’ au mur s’ il le faut) mais la compréhension des technologies qui furent en place puis trop rapidement – progrès oblige – mises au rebus et sous exploitées.

Ces demo makers proposent le progrès de la connaissance et une certaine humilité dans le caractère dit “obsolète” du matériel employé tandis-que l’ industrie propose une course à l’ armement technologique explosive infinie dans un milieu fini. Choisis ton camp camarade, surtout si tu as des gosses : )

Vues d’ exposition ‘Un Château perpétuel’ Le Dernier cri, La friche belle de mai
Photographié par REAP, Marseille, Février 2022
Vues d’ exposition ‘Un Château perpétuel’ Le Dernier cri, La friche belle de mai
Photographié par REAP, Marseille, Février 2022

Call from the grave II, Group Exhibition, La Pop Galerie, 2020
Call from the Grave ll (Group Exhibition, 2020) Jurictus, Sam Rictus, Zven Balslev, Dave 2000, Andy Bolus, Le Dernier Cri

“Après, vous n’achèterez jamais plus le paquet de bandes dessi nées à la con que vous lisiez d’habitude” ,avait écrit Willem. illus­tre dessinateur et caricaturiste, notamment dans les colonnes de “Libé”, à propos du “Dernier Cri”.

Mondo Dernier Cri, Affiche 2020

Un “graphzine” à qui. à Sète, jamais à court d’idées quand il s’agit de mettre en relief les arts graphiques modernes (qu’ils oient brut ou rock’n’roll), Pascal Saumade a ouvert les portes de la “Pop Galerie”, quai du Pavois ‘Or. Et ce en marge de l’exposition “Mondo Dernier Cri, une Internationale Serigrafike” pré­sentée au Miam.

En tant qu’artiste de la vieille école, comment évaluez-vous les sous-cultures actuelles des jeunes par rapport aux années 90 ?

Les sous-cultures se numérisent, comme à peu près tout ce qui peut être convertie sous forme de “0” et de “1”. C’ est un constat factuel. Le numérique ne complète plus, il remplace. Les sous-cultures numérisées sont comme tout ce qui est numerisable et en conséquence révisionnable, censurable par ceux qui ont la main mise sur les serveurs. Alors maintenant que je suis barbu comme un gandalf je pense que la liberté et l’ énergie que j’ ai pu vivre dans les années pré-internet étaient bien entendu beaucoup plus riches de rencontres et de chocs artistiques intenses que ce qu’ il est encore possible de vivre aujourd’ hui. Il l’ étaient forcément d’ autant plus intenses que l’ accès à la culture – et encore plus aux sub-cultures – ne se faisait PAS par internet. Ce qui impliquait une durée, entre deux chocs esthétiques. Cette durée a été anéantie à l’ avènement des moteurs de recherche. Jusqu’ au milieu des années 90 nous n’ étions pas en fRance globalement équipés d’ internet, le monde n’ entamait alors que sa lente et exponentielle glissade vers l’ empire de la suggestion. Aujourd’ hui des algorithmes nous suggèrent de partout, nous manifestent ce que nous sommes censés aimer – ils le savent mieux que nous ou plutôt il ne le savent pas mais ont le pouvoir de nous imposer les opinions que nous sommes censés adopter. Les années 90 – 80 bien qu’ elles aussi numériques mais très peu connectée furent dispensées de cette machine à uniformiser les désirs et les comportements. Pour accéder aux sous-cultures il fallait par exemple envoyer de l’ argent et une lettre postale dans un pays lointain pour recevoir quelques semaines plus tard la démo de tel ou tel groupe. Ces groupes étaient référencés dans des fanzines papier eux même commendables de la même façon. Le façonnage d’ un goût artistique se faisait lentement, rythmé par les lenteurs de la poste, les limites des moyens financiers, les difficultés à contacter ces groupes obscurs et bien sûr le degré d’ ivenvestissement personnel (trouver des timbres étrangers, écrire une lettre et attendre un retour demandait un effort beaucoup plus conséquent que de cliquer des liens sur internet). Une démo se refilait de la main à la main entre amateurs locaux de la même musique générant du contact humain, de l’ échange verbal et un tissus culturel et social d’ initiés. Exactement le contraire du bazar illimité ultra suggestif d’ internet . La rareté et l’exception était le corolaire de l’ absence d’ un moyen de diffusion massive et nous étions suggérés et conseillés par des amis, des artistes, des amateurs forcenés, pas par des algorithmes appartenant à des entreprises cotée au premier marché.

Alors ce qu’ on peut penser de l’ état des subcultures c’ est qu’ elles survivent avec l’ élégance d’ une mauvaise herbe, du genre de celle qui sont matures à cinq mois et libère plus d’ oxygène que les tractopelles de l’ industrie et leur parterres de ronds-points.

Call from the Grave ll (Group Exhibition, 2020) Jurictus, Sam Rictus, Zven Balslev, Dave 2000, Andy Bolus, Le Dernier Cri

Synthèse & collage numérique (2018)
Dave 2000 ‘Phase 1’ Graff. 2020

Quand on regarde les réseaux sociaux, on voit tout le monde dans une attitude anticapitaliste et complaisante, mais que se passe-t-il réellement ? En tant qu’artiste, comment évaluez-vous ces extensions médiatiques qui nous sont présentées alors que « l’humanité » gémit de douleur dans la captivité des puissances impérialistes supranationales ?

Les populations sont sans défense devant des industriels, des banquiers, des militaires, des administrations et le contrôle inédit des GAFAM qui permettent de faire tourner le cirque. Mauvaise nouvelle, le monde a été kidnappé. Les medias sociaux sont des jeux vidéos dangereux, bien plus dangereux que le plus dégueulasse des FPS ou on pourrait torturer des petits chats au fer à souder. On attend Insta Kids avec une impatience à peine dissimulée. Victime de sa construction neurologique, le sapiens sapiens peut supporter sa vie vide de sens si il peut s’ en rêver une autre plus glamour sur Instagram.Echange paillettes virtuelles contre acceptation de soi même. Ca doit embaucher sec en psychiatrie en ce moment non ?

Dave 2000 ‘Phase 2’ Graff. 2020

Quatre entreprises (Twitter, Youtube, Instagram, Facebook) dominent le monde ; Si nous considérons la civilisation comme un processus qui progresse jusqu’à sa perte, que pensez-vous que la jeunesse actuelle et l’humanité sont en train de perdre ? Suis-je trop pessimiste, corrigez-moi si je le suis.

Au contraire, je te trouve même plutôt optimiste. Les populations vont perdre progressivement et par à-coups leurs libertés jusqu’ à l’ asservissement total car elles acceptent massivement (car suggérées en permanence et de plus en plus efficacement) de troquer leurs libertés contre du confort. Ce troc est rendu ludique, donc en quelque sorte distrayant (crédit social, évaluation permanente dans les écoles, permis à …,media sociaux et followers etc … ) et donc accepté sans mouvement sociaux massifs. On nous fourgue l’ objet de notre asservissement en nous ventant libertés et facilités (encore de la suggestion). Par exemple aujourd’ hui ne pas posséder de smartphone revient a accuser un déficit de connectivité aux autres, un handicap social. Ne pas posséder de smartphone est aussi un handicap lorsqu’ il faut présenter des QR codes à la chaine. Il faut se soumettre au geste de dégainer le smartphone sinon le prix à payer sera l’ inconfort d’ une exclusion d’ abord moindre et qui deviendra invivable.

J’ ai dessiné nombreuses personnes dans la rue cet été. Beaucoup avaient des smartphones, une sur deux, à la main ou nà l’ oreille … Lorsqu’ elles le regardent elles sont toutes les sourcils plus ou moins froncés et ont l’ air éberluées lorsqu qu’ elles relèvent la tête et se sortent la gueule de la matrice LCD. Ce n’ est pas drôle de dessiner ces gens, les mêmes poses, les mêmes trognes mollement accaparées, mais en même temps si moi aussi j’ étais happé par un téléphone je ne pourrais pas les dessiner. Comme eux qui ne me voient pas, je ne les verrai pas non plus et il ne se passerait rien d’ autre que le croisement de plusieurs corps en mouvement enregistrés par des caméra 360° à tous les coins de rue pour seuls témoins. Zéro conscience les uns des autres. Les zombies m’ ont toujours fascinés et lorsque je regarde cette population avec un regard curieux semblable, l’ humanité s’ ensevellissant elle même dans une matrice totalitaire parait être un spectacle grotesque qui ne manquerait pas de pépitos s’ il n’était pas aussi tragique. Le spectacle “des sidérés” même s’ il ne m’ inspire guère me fascine.

Dave’s sketchbook or Carnets ambulatoires, 2022
Dave’s sketchbook or Carnets ambulatoires, 2022
Dave’s sketchbook or Carnets ambulatoires, 2022

Le serment des voraces – 80x60cm – acrylique sur toile
France – acrylique et encres sur papier craft blanc – 97×205 cm

En tant qu’artiste, comment évaluez-vous la période à venir et le “Great Reset” ? Êtes-vous mondialiste ou nationaliste, de quel domaine vous sentez-vous le plus proche ?

Je suis une personne qui regarde le cirque du pouvoir devenir dingue et les populations du monde écrasées à tous les niveaux par une oligarchie discrète dans ses agissements et disposant de moyens de contrôles des masses inédits dans l’ histoire de l’ humanité. La position nationaliste est elle encore viable lorsque les nations ne sont plus que des parts de marché divisées par cette oligarchie?

Que voudriez-vous dire sur le fait que Banksy et des artistes similaires, qui ont développé des critiques politiques radicales du siècle avec leurs œuvres, poursuivent également leur carrière avec les valeurs bourgeoises auxquelles ils s’opposent et avec de riches collectionneurs ?

A mon sens Banksy n’ est pas un artiste mais un communicant habile doublé d’ un piètre graphiste. Je laisse la parole à ses sponsors et aux trépannés du bulbe qui voient en lui une sorte de demi dieu de la suverssion pour parler de son book a défaut de parler d’ une oeuvre.


“Le Dernier Cri”, c’est d’abord une aventure artistique lancée par un artiste-punk phocéen. Pakito Bolino. Aux confins de l’art brut, du fanzine (ces petits jour­naux artisanaux alternatifs épris de rock, de bande dessinée, de SF…) il est l’un des fers de lance internationaux de ce mouve­ment rebelle qui a tenu à se libé­rer du marketing, en favorisant et décuplant la créativité de bon nombre d’artistes “under­ground”, pour beaucoup fans de métal et musiques extrêmes.

La Pop Galerie ‘Call from the Grave ll’ 2020

Vous souhaitez parler de l’exposition ‘Call From the Grave’ qui se tient à La Pop Gallery ? Cela ressemble à une exposition impressionnante et fantastique qui réunit les grands noms de la culture Grafzine, je me demande si l’événement n’a pas été un peu éclipsé par la pandémie ?

C’ est très flatteur, je suis sûr que Sam Rictus et Jurictus qui y ont participé auront une érection telle en lisant tes mots qu’ espérons qu’ elle ne leur soit pas fatale. Andy Bolus et Zven Balslev ont aussi exposé des peintures, dessins et collages. Bien sûr l’ exposition fut rendue difficiles par les règles arbitraires sans cesse changeantes de notre gouvernement fantoche mais ce fut l’ occasion de rencontrer Pascal Saumade, curateur au Musée International des Arts Modestes et qui tient la Pop Galerie. Il se définit non pas comme un collectionneur (au sens de “qui voudrait tout” comme il le dit) mais un amateur de pièces singulières. Je m’ arrêterai vite ici sinon je me perdrais sur la rivière étoilée du souvenir : l’ alerte à la bombe en gare de Sète; le couvre feu déclaré à Montpellier qui empêche les habitants de venir jusqu’ à Sète, l’ imitation sonore du chanteur de Pantera par Sam Rictus avant le premier café … Le mime de la copulation du diable de Tazmanie par Judex qui nous avait rejoint et les truculents récits liégeois de Cha Kinon qui ont pour héros des sacs de sport, des étrons et des belges …

Zven Balslev, Call from the Grave ll (2020)
Call from the Grave ll (Group Exhibition, 2020) Jurictus, Sam Rictus, Zven Balslev, Dave 2000, Andy Bolus, Le Dernier Cri
Andy Bolus, Call from the Grave ll (2020)

Dave De Mille, Sam Rictus, Jurictus, Call from the Grave ll (2020)
l’exposition est une excuse, la conversation est merveilleuse

“A la Pop Galerie de Pascal Saumade, une rencontre du troisième type”

“La preuvre à travers le panel d’œuvres, pour la plupart dessi­nées à l’encre de chine, qui or­nent les cimaises de la Pop Ga­lerie. Elles sont signées Jurictus, Sam Rictus, Zven Balslev et Dave 2000. El elles envoient… grave.”

Citations d’Marc Caillaud
mcaillaud@midilibre.com

Call from the Grave ll (Group Exhibition, 2020) Jurictus, Sam Rictus, Zven Balslev, Dave 2000, Andy Bolus, Le Dernier Cri
Article de Marc Caillaud
Dave De Mille, Call from the Grave ll (2020)
Call from the Grave ll (Group Exhibition, 2020) Jurictus, Sam Rictus, Zven Balslev, Dave 2000, Andy Bolus, Le Dernier Cri
Sam Rictus, Call from the Grave ll (2020)

Comment trouvez-vous Zven Balslev et Cult Pump, êtes-vous intéressé par son travail ? Il semble très bien garder l’esprit Underground Comix vivant à Copenhague.

C’ est un des dessinateurs les plus drôle et les plus poétique de notre époque. Le Docteur Good a rendu son energy drink par le nez en tournant les pages de son livre YAMA HAHA . Tous les dessins se composent de figures qui évoquent plus qu’ elles explicitent, et quand elle le font on se demande bien des pourquoi ? Des mais ? Bref, on s’invente une histoire contrairement aux comics qui nous en raconte une. On se marre de la naiveté décidée de ces compos en forme de mini poèmes absurdes, énigmatiques comme des figures de tarots sous LSD. Ses dessins me renvoient à une enfance intérieure, de jeu, de décodage, de figurines en plastiques sorties des tirettes mystérieuses de fêtes foraines. C’ est généreux, sans complexe, faussement évident et enfantin, comme tout ce qui est génial.

For Zven Balslev & Andy Bolus LDC Editions:

zven-balslev > andy-bolus


A6 – technique mixte

Qu’as-tu fait depuis ‘Call From the Grave’, tu sembles être sérieusement dans l’aquarelle, l’acrylique, les dessins et tu n’hésites pas à porter l’aventure aux graffitis ; en même temps, compte tenu du Kaizer Satan 3 sorti de LDC, nous dirions que vous êtes dans une période très productive où vous avez beaucoup développé votre art.

Dans le parc d’ attractions qui me sert d’ esprit et d’ agenda j’ ai mis en place plusieurs manèges. Les aquarelles de mes carnets sont la résultante de mes errance dans la ville de Marseille ou ailleurs. L’ aquarelle est une technique fabuleuse à bien des égards. Elle est très nomade, une boite de couleurs de la taille d’ un paquet de cigarettes, un carnet , un pinceau à réserve et en route pour l’ aventure. J’ observe dans la rue, dessine parfois d’ après nature pour capturer des formes, des rythmes. Me sert globalement de l’ ambiance urbaine pour dessiner ce qui me passe par la tête durant ces immersions. Ca a pour effet de radicalement changer mon rapport à la ville et de rendre ludique la réalité sordide des zombies ultra-connectés, des arbress coupés pour être remplacés par des sucettes publicitaires automatisées etc … L’ épouvante normale devient un jeu et ce jeu m’ appartient.

Dave 2000
Dave 2000

“Un château perpétuel” est une des attraction phare de mon esprit. Il s’ agit d’ une méta-peinture sans limite de bord ou de format composée de grands papiers peints à l’ acrylique. Chaque élément étant indépendant des autres mais fonctionnant dans un tout. Un château perpétuel n’ a pas non plus de nombre d’ éléments définis. Ainsi un peintre se lève le matin et si il se trouve désoeuvré après sa deuxième cafetière il n’ a qu’ à se dire à lui même “un peintre va perpétuer un château perpétuel”. “Un château …” n’ est donc pas un Work in progress comme on dit dans la société globale car un WIP a un début et une fin mais une peinture sans fin si ce n’ est la mort du peintre ou la cessation de sa pratique. Cette idée de peinture sans fin, sans bords et sans cadre m’ est venue d’ un ras le bol des expositions montrant des formats A5/A6 diposés orthogonalement dans des cadres Ikea et parfois même avec le sur-cadre d’ une Marie-Louise. Je trouve à titre tout à fait personnel indigne d’ artistes qui se réclament d’ une expression brute, sans tabou de se fourvoyer avec ce genre d’ accrochage standardisé. Je veux montrer de la peinture brute, sans fards, sans ce dispositif de mise en exergue ridicule soumis aux codes des galeries. De la peinture qui dit au spectateur “regarde, je ne suis qu’ un bout de papier peint qui est beau en lui même et par lui même”. Cette nudité dans la scénographie permet aussi au spectateur grâce aux relatifs grands formats de s’ immerger dans une oeuvre qui sans apparats semble alors accessible dans le sens d’ un “moi aussi je peux le faire, ce n’ est que du papier, de la peinture, des brosses, le coeur, l’ esprit et la main” au contraire des cadres et sur-cadres qui signifient “c’ est encadré, c’ est précieux, c’ est expert, voila ce que tu dois admirer et ne pourras jamais faire pauvre spectateur”.

Dave 2000, drawing, 2021
Dave 2000, drawing, 2021

J’ imagine en ce moment un nouveau manège urbain qui s’ intitulera “7074L GLO34L” et consistera à coller des peintures ironiques qui nieront ou détourneront les affiches de politiciens ou d’ annonceurs qui envahissent les panneaux d’ expression dites “libres”.

Pour finir et en prévision de l’hiver il me reste à terminer une animation 3D noir et blanc dans la lignée de “5 automates” et basée sur le roman “Le maître et Marguerite” de Mikhaïl Boulgakov.

Brown posca on paper – A4

Dans ce nouvel épisode, on pousse les portes du dernier cri, maison de micro-édition underground pilotée par le terroriste graphique Pakito Bolino. Basé à la Friche depuis 1995, cet atelier s’attache à promouvoir des auteur·trice·s en marge de l’industrie et de l’art contemporain.

Qu’aimeriez-vous dire à propos de l’exposition NAROK, je pense que cet événement était plus une exposition essayant de capturer l’atmosphère Asian Extreme. Comment trouvez-vous ces idées créatives de Pakito ; il synthétise les mouvements graphiques et d’illustration modernes avec des écoles excentriques qui ont germé dans des contrées lointaines (comme le japonais Heta-Uma), et il arrive toujours à nous surprendre ; Selon vous, qu’est-ce qui le rend si créatif comme ça, pensez-vous qu’il a un vrai côté malveillant et négatif ? Ou ne montre-t-il que cette facette de lui-même dans ses œuvres artistiques ?

Je pense que Pakito n’ a pas besoin de chercher d’ idées, les intermittents de l’ art “cherchent”, Pakito “trouve” sur son chemin artistique car pour lui l’ intermittence de l’ artiste n’ existe pas. Quand il n’ est pas à imprimer pour le DC, il est en vadrouille pour on ne sait quelle intervention, rencontre, ou salon d’ édition. Hors des heures ou il n’ est pas pris dans le courant des activités du DC il dessine quotidiennement ce dont il parle comme d’ un défouloir. Ce qui le rend si créatif est d’ avoir dédié sa vie à l’ art sans calcul, sans carrière et dans ce que l’ art a de plus humain, énergique, partageur, inventif, et résistant au formatage global. Avec Odile de La Platine (chargée des impressions en offset pour le Dernier cri et à la tête d’ une des dernières imprimerie artisanales de Marseille) le Dernier cri possède ses propres moyens de production autonomes ce qui est aussi une pièce maitresse de la créativité car ces moyens permettent la liberté, autant dans le propos que dans des choix techniques (nombre de couleurs, formats, pages si il s’ agit de livres).


Xavier-Gilles Néret「GRAPHZINE GRAPHZONE」

Il y a quelques années, grâce à Mavado Charon, il m’a envoyé le livre Graphzine Graphzone. Comme le livre est en français, je n’ai pas pu tout lire, mais il est évident que des études sérieuses ont été faites en France depuis les années 70, quand on regarde les artistes de l’ancienne génération comme Pascal Doury, Bruno Richard, Olivia Clavel , et des magazines de contre-culture comme Elles Sont de Sortie et Bazooka. En tant que l’un des artistes phares de ce domaine aujourd’hui, de quelle école vous sentez-vous plus proche ? Et de combien de générations peut-on parler ?

Je me trouve bien mal placé pour en parler car avant le début des années 90 je vivais dans un bled situé dans les montagnes vosgienne en fRance et ce que je connaissais de l’ underground se limitait à la musique, à la scène démo et au piratage informatique. Je ne connaissais presque rien aux sous mondes de l’ art si ce n’ est des jaquettes photocopiées de démos de metal ou de punk et des cracktros des jeux vidéos piratés avec leurs lettrage délirants. C’ était déjà très fort, d’ autant plus que ces choses difficiles à se procurer révelaient à mes oreilles et mes yeux l’ existence d’ un monde d’ autonomie et de liberté jusqu’ alors complètement absent de ma réalité colonisée par la télévision et les livres sur les vainqueurs (souvent post-mortem) de l’ histoire de l’ art. Lorsque je rencontrais le travail des artistes dont tu parles plus haut j’ avais déjà une culture sub-graphique construite sur ma pratique et aussi les rencontres faites à Strasbourg, notamment avec Vida Loco qui préparait alors son premier livre “8Pussy” qu’ il serigraphiait lui même. Pour en revenir aux artistes que tu évoques, même si leur travail n’ a pas eu d’ influence sur moi je sentais cette vivacité, cette volonté libertaire et ce refus des limites de l’ industrie. Tout ça m’ inspirait énormément et cette même énergie continue à porter ma pratique et définir mes choix actuellement.


Tranchée Racine Hebdomadaire – N°9

Quand on regarde Stéphane Blanquet et l’UDA, on voit une attitude surréaliste, élitiste qui vient surtout de l’école de Roland Topor ; Bien qu’il y ait aussi des artistes très talentueux chez LDC, c’est comme une équipe qui travaille plutôt dans une ambiance rock’n roll. Pakito a-t-il une attitude ou une position contre l’art élitiste dans un sens réel, dans un contexte idéologique, ou est-ce que tout le processus fonctionne comme ça à cause de son style de vie ou de celui des artistes collaborateurs ?

UDA et LDC ne proposent pas la même chose. UDA permet à des artistes underground de voir leurs oeuvres diffusées par exemple dans “La tranchée racine”, un hebdomadaire au format d’ un quotidien d’ information imprimé en quadrichromie par une entreprise en sous-traitance. Les moyens de productions sont ici ceux de n’ importe quel éditeur mainstream en somme. UDA organise aussi des expositions collectives dans des lieux prestigieux tels que la Halle Saint Pierre à Paris tournant autour de la personnalité de Stéphane Blanquet, CF : “Stéphane Blanquet et ses invités” à Aix en Provence.

LDC quant-à lui propose à des artistes de venir dans son atelier avec des originaux, de les scanner, les mettre en couleur si nécessaire, de choisir un papier, un format, des encres. Le DC permet aussi d’ apprendre à imprimer en sérigraphie si les artistes ne savent pas le faire eux même et pour finir de monter une exposition dans l’ espace dédié pour célébrer la sortie de leur livre. Tout comme UDA, les artistes se voient proposé de participer à des expositions collectives mais qui ne tournent pas autour du personnage d’ un leader mais de la structure elle même par exemple “Mondo DC” ou d’ une idée générique – “Heta Huma” ou “Narok”. De plus chaque année a lieu le festival de micro-édition Vendetta qui fait se converger de nombreux artistes, éditeurs et qui est organisé par le DC.

On a donc deux éditeurs/producteurs d’ artistes underground et deux moyens de production fondamentalement différents, l’ un va dans le sens d’ une production assistée relativement massive et impressionnante en terme de format, d’ exposition dans des lieux prestigieux, de technique quadri et de nombre de multiples permis par la sous-traitance. L’ autre avance dans le sens d’une auto suffisance de production, de liberté de choix d’ édition, de qualité et de savoir faire artisanal, d’ élévation et d’ émulsion artistique. Bon nombre de structures tendent vers cette autonomie salvatrice et cette liberté courageuse initiée et perpétuée par LDC, comme Epox et Botox, Le Garage Hell, Cult Pump, Meconium, Turbo Format, Papier Gachette etc … Ils sont légion car l’ intégrité fait des enfants.


UFOE ‘Exhibit’ 3D video animation by Dave 2000

Je demande cela parce que, cela me rend triste que de si bons artistes comme vous soient coincés uniquement dans le domaine de la bande dessinée. Quand on regarde l’art contemporain et les biennales exposées aujourd’hui dans le monde, on voit bien la crasse bourgeoise. Et je pense que vous avez essayé de peindre cette aliénation synthétique et cette dévaluation dans votre tournée d’exposition d’animation 3D que vous avez récemment publiée.

Cette animation dont tu parles montre une exposition virtuelle dans un futur assez proche et qui me met en scène (bien que j’ y sois invisible) en tant qu’ artiste inutile et donc à réhabiliter socialement Dans cette courte fiction animée les moyens de réhabilitation font l’objet d’ un vote du public – le travail forcé dans les mines de siliciums, la castration au laser, la lobotomie etc … exactement comme on vote pour le départ d’ un participant à une émission de télé-réalité. La visite virtuelle est faite par un guide, lui même en cours de réhabilitation et sérieusement alcoolique, chargé de montrer au public les oeuvres dégénérées d’ un artiste nuisible au bon fonctionnement sociétal selon le pouvoir en place. Je vois ce film comme une à peine parodie gentillette de ce que l’ oligarchie globalisée et son armada numérique nous préparent en termes de surveillance, de contrôle, d’ uniformisation, de formatage des esprits et bien entendu de violence.

Quant aux artistes conceptuels du milieu dit de “l’art contemporain” que tu évoques je vais faire court à leur sujet. A mon sens un artiste plastique est un pantin méprisable si il n’ est pas capable une fois jeté nu dans une cellule de tapisser de graffitis les murs de sa prison et de les transformer en une oeuvre merveilleuse à faire Michel Ange se lever de sa tombe pour aller repeindre les plafonds de la chapelle Sixtine avec l’ enthousiasme d’ une jeunesse retrouvée. Partant de ce postulat, ces fifrelets, ces remplisseurs de dossiers de demande de subventions, ces branles-verbe ne m’ intéressent guère, tu t’ en doutes et ce qu’ ils pourraient penser de mes activités artistiques n’ a pas la moindre importance en comparaison du rire d’ un enfant qui me regarde dessiner un “père noël qui fait caca”.

Dave de Mille à son atelier

Merci beaucoup Dave d’avoir pris le temps de parler, et merci de partager les dernières nouvelles de France ; nous suivons votre travail avec enthousiasme, au revoir pour l’instant, mon ami, prenez soin de vous !

Bon courage mon ami prends soin de toi !

Pour suivre les dernières évolutions de l’artiste :

> protopronx.free.fr

> pitpool.free.fr

Pour une conversation plus ancienne avec l’artiste :

Dave 2000: Pas un Artiste un Ninja (2016)


With Miron Zownir in the Days of War

Sewastopol 2013

“The world wasn’t as aggressively polarized since the late 30’s of the last century. It is ruled by bankers, ethical castrates, fanatics, megalomaniacs, hypocrites, opportunist, tyrants, technocrats & computer nerds. It’s getting gloomier by the minute.”

Miron Zownir Special Interview

Burak Bayülgen & Erman Akçay, March 2022

Istanbul, 2019

“Modern skyscrapers, multiple ethnic neighbourhoods, alternative cultural institutions and clubs, independent underground papers and galleries, street venders, transgender prostitutes, freaks, slums, seagulls, alley cats and its magic light, Istanbul is definitely one of the most exciting cities in the world.”

Hello Zownir, we’ve been surprised to see you in Istanbul again two years after your last visit in 2019. What has drawn you here again within these hard pandemic conditions?

After my first two visits to Istanbul in September and November 2019, it was clear to me that my visual output would amount to a photobook. But with the outbreak of corona and a new dimension of existential pressure on the health and economics of its citizens I decided to go back. It was December 2021, the city was blessed with a soft and pleasant glow of winter sunlight and on the surface, you couldn’t detect any changes of spirit. However, roaming around the city at night the increasing level of misery was more than apparent. It was shocking to see how many seemingly unattended children, were begging in the middle of overcrowded streets, facing for hours thousands of unanimous legs and feet. Beggars exposing their amputated limbs, homeless families sleeping in drifty doorways or cardboard boxes. Old women and men groaning and whining for a modest aid.

As you have worked in many capitals of Europe, what can you say about your visit in Istanbul as an artist in terms of Muslim geography and a cosmopolitan capital? What have you noticed in comparison with the West?

With its location at the Golden Horn and the Bosporus, many traces of its long history, impressive sacred and secular buildings, modern skyscrapers, multiple ethnic neighbourhoods, alternative cultural institutions and clubs, independent underground papers and galleries, street venders, transgender prostitutes, freaks, slums, seagulls, alley cats and its magic light, Istanbul is definitely one of the most exciting cities in the world. It may be too overcrowded, polluted, segregated between believers and non-believers, free spirited people and those believing in secular, holy and political authorities. The economic pressure to survive is immense and the division between people with very different outlooks, values and dreams is incredible. But I didn’t sense anywhere any hostility against me as a stranger. And I never witnessed any open hostility between people of different faith. In a way Istanbul surprised me as a reasonably tolerant, open minded and extremely lively, cosmopolitan and exciting city.

‘Istanbul Noir’ article by Georgia Hart, Zoo Magazine, 2022
İstanbul 2019

Have you found anything interesting in terms of daily and social life?

Of course, that would have been unavoidable. I lived in different areas on the European and the Asian side. Private accommodations and hotels. Safe and unsafe arias. I was always on the move and hardly slept a couple of hours a day. I was on a mission and high on adrenaline.

Just to mention some unusual incidents: Once a pimp attacked me. He hit me with his best shot on the chin while I was photographing two transgender prostitutes hustling for customers. He was a head smaller than me but a trained boxer. Probably a welterweight. But since he didn’t shake or impress me, he got scared and run away. One prostitute yelling after him, probably calling him a coward, the other one yelling at me, in English to erase my photo. Not knowing that I work analogue.

Another time a beggar threw his crotch at me, missed and wasn’t able to reach it anymore by himself. I picked it up and brought it back to him. He thanked me for it and tried to hit me again, just missing my legs.

Another time I got almost arrested for making a photo of a police officer, but I talked my way out of it, though he did not understand much of what I was saying. There were other incidents but most of the time it was reasonably relaxed and civilised.

Odessa 2013

“That level of state propaganda in Russia is exactly the same one that Trump used in the States to demonise people. Only taken to another extreme to rationalise a genocide…”

As a son of an Ukrainian father, what would you like to say about the war in Ukraine? You had serious studies in Odessa, Kiev and Majdan between 2012-2014. Have you ever noticed the signs of the current crisis in that period?

Yes, my father was Ukrainian and I still have many relatives and friends in the Ukraine…

To answer your question. Before Majdan there weren’t any detectible signs for an up rise or a revolt. But in late November 2013 Ukrainians took to the streets in peaceful protests after Viktor Yanukovych chose not to sign an agreement that would have connected the country more closely to the EU. The consequences was a brutal retaliation from the then government with more than a hundred lethal victims. After Yanukovych’s flight to Russia the situation in the Ukraine was very uncertain but most Ukrainians had a strong commitment to democracy and a potential integration into the EU. With the annexation of the Crimea and the increasing military involvement of the Russians in the Donbass, it should have been obvious that Putin was planning to punish, humiliate and defeat the Ukrainians for choosing their own fate.

As to this senseless slaughter in Ukraine, I’m totally outraged! Putin is lying, thieving and killing as if he was untouchable in his megalomaniac crusade against freedom and democracy. He is an imperialistic glutton who has to be stopped any way possible. But what about the Russians? Those openly outspoken against his monstrosities immigrated, are dead, or imprisoned. But much too many seem to support or tolerate him. That level of state propaganda in Russia is exactly the same one that Trump used in the States to demonise people. Only taken to another extreme to rationalise a genocide…

The pandemic, the war in Ukraine, famine and immigration based on global warming have all been discussed in Turkish media. How are the conditions in Europe? As an artist, how do you evaluate the upcoming period and “Big Reset”?

I’m no Nostradamus, but to be honest I’m not optimistic. The world wasn’t as aggressively polarized since the late 30’s of the last century. It is ruled by bankers, ethical castrates, fanatics, megalomaniacs, hypocrites, opportunist, tyrants, technocrats & computer nerds. It’s getting gloomier by the minute. Everything seems to collapse at once. We’re approaching a potentially darker age than we experienced in our lifetime. Nobody knows what’s ahead of us. Wars, famines, inflations, overpopulation, pollution, droughts, impoverishments, fires, storms, pandemics, unknown diseases and catastrophes. Certainly, the future looks bleak. But we only live once and as long as we have a choice to determine our own fate, it’s up to us what we give, take, wish, express, create or accept.

Simferopol 2012

“We only live once and as long as we have a choice to determine our own fate, it’s up to us what we give, take, wish, express, create or accept.”

How do you find the vision of Bene Taschen as a young entrepreneur and gallery owner? In the past few years, Hardhitta Gallery has exhibited the works of Jamel Shabazz, Joseph Rodriguez Gregory Bojorquez and you.

I have only the highest admiration for Bene Taschen. He is a great gallerist with a strong conviction, representing a wide range of world-class photographers. Having the strongest bonds to each of them, only showing images he is a hundred percent of convinced. Regardless of its commercial or controversial context.

Can we equate the portraits of famous people which appeal to the marginal collectors with the documental works? Which field do you feel more close? What does determine the photography scene in Europe in general?

Goya portrait rich, famous and powerful people as well as the freaks, the poor and the dammed. Some photographer choose still-life’s, landscapes, portraits, collages or whatever. I have no prejudice against any style, some I like more some I like less. Of course, I prefer hard-core street and documentary photography. I guess that’s obvious!

Miron Zownir – Absturz Trailer

“My movies are psychotic, raw, iconoclastic and anti-cinematic nightmares far of any mainstream enjoyment. You got to have a twisted mind or strange sense of humour to appreciate them.”

As an artist who reached at maturity period, do you think your literature, poetry, photography and cinema can say anything to the world? After all these years, how could you summarize the story you have manifested fearlessly throughout the all kinds of states and darkness which were immanent to be a human?

Well, it’s hard to judge the value of your own work, creative output or impact. My goal was never to please, become rich or famous. I was always expressing my personal viewpoint in any genre I was productive in, regardless of its potential consequences. Things that were important for me to show or express, whether others would appreciate, ignore or condemn it. I was never mainstream and are still controversial to this day. Even so, some of the great galleries and museums of this world exhibited me. I guess I’ve documented the Zeitgeist of the last 40 years in all its aspects, without glorifying or condemning the sometimes bitter truth I discovered. I might have influenced and encouraged quite a few younger photographers to ventures into the darker areas of our existence.

I wrote some novels, poems and short stories, which won’t be fully appreciated until they are translated into English and into many other languages. My movies are psychotic, raw, iconoclastic and anti-cinematic nightmares far of any mainstream enjoyment. You got to have a twisted mind or strange sense of humour to appreciate them. But everything I did is out there, will stay and grow in its attention.

Artist Portrait by Michele Corleone

Istanbul Noir

Georgia Hart, Zoo Magazine, 2022

Since President Erdogan’s election. Turkey has experienced severe restrictions on democratic freedoms and civil rights, causing growing tensions between the EU and Turkey. Since the mid-2010s Turkey has experienced severe stagflation – low rates of economic growth combined with inflation. These consequences on its economy and trade have led to Western tourists being rare, as well as Istanbul becoming a city non grata. Furthermore, coinciding with the devaluation of the Lira, collapsing construction industry, misinformation, women’s rights abuses, and many other factors have resulted in high percentages of unemployment and a high ranking in the world misery index. German photographer Miron Zownir wanted to explore more of this, and from his impressions from collaborating with alternative subcultural Istanbul magazines, assumed it would be reasonably safe to visit. This led to the beginning of the artist’s upcoming photobook “Istanbul Noir”. The focus of Zownir’s trip was primarily on the down and outs, homeless, transgender prostitutes, street vendors, and beggars but also on what he described as the energy and magic atmosphere of the city as well as the light and shadow over the Golden Horn and Bosporus. The imagery throughout depicts his multiple expenences during three different visits to Istanbul, where he lived in a variety of different areas on the European and Asian sides. After a few hours of sleep each night, the images are shot on a high of adrenaline. Various experiences prevail through these images, through discussions with artists, musicians, writers, poets, and publishers, all of whom Zownir describes as having a strong commitment to freedom and democracy. Many of these talents screened his films, published photos, and organized public events that in the West would be deemed radical. This conveys that in Istanbul there are still loopholes for alternative anti-establishment activities, but many of these could be discovered and classified as dangerous. Both “Istanbul Noir” and photos exhibited at the Gallery Bene Taschen will be presented in winter 2022/23.

A short clip from Zownir’s 2019 İstanbul reading.
Some Posters of Zownir’s events in 2019, İstanbul

Istanbul 2019

ISTANBUL NOIR

Georgia Hart, Zoo Magazine, 2022 / Türkçesi: Burak Bayülgen

Cumhurbaşkanı Erdoğan’ın seçilmesinden bu yana, Türkiye demokratik özgürlükler ve insan hakları açısından Avrupa Birliği ile gerilimin artmasına sebep olan katı kısıtlamalara maruz kaldı. 2010ların ortasından beri yoğun fiyat artışlarıyla boğuşan Türkiye’de ekonomik büyümedeki düşük oranlar enflasyonla birleşti. Bu ekonomik ve ticari sonuçlar Batılı turistlerin azalmasına ve aynı zamanda İstanbul’un istenmeyen bir şehir haline gelmesine sebep oldu. Daha da ötesinde, Türk lirasının değer kaybıyla birlikte çöken inşaat sektörü, dezenformasyon ve kadın hakları ihlali gibi pek çok etken işsizlik oranlarının yüksek oranda artmasına ve Türkiye’nin dünya sefalet endeksinde üst sıralarda yer almasına neden oldu. Alman fotoğrafçı Miron Zownir tam da bunu araştırmak üzere, alternatif alt-kültür dergileriyle yaptığı ortak çalışmalarından edindiği izlenimlere dayanarak İstanbul ziyaretinin makul ölçüde güvenli olacağını düşündü. Bu da sanatçının fotokitabı ‘Istanbul Noir’a başlamasını sağladı. Zownir’in ziyaretinin odak noktası kendi tabiriyle şehre Haliç ve Boğaz’ın gölge ve ışıkları kadar enerji ve büyülü bir atmosfer veren fakir fukaralar, evsizler, trans seks işçileri, seyyarlar ve dilencilerdi. İmgelemi İstanbul’a yaptığı üç farklı seyahati ve Asya ve Avrupa yakası gibi şehrin çeşitli bölgelerinde yaşarken edindiği tecrübeleri tasvir etmektedir. Fotoğraflar geceleri sadece birkaç saatlik uykunun ardından yüksek adrenalinle çekilmiştir. Zownir’in özgürlük ve demokrasiye sonuna dek bağlı kaldığını belirttiği sanatçılar, müzisyenler, yazarlar, şairler ve yayıncılarla yaptığı tartışmalar gibi pek çok deneyim bu fotoğraflarda baskın çıkmıştır. Bu yetenekli insanlar Zownir’in filmlerini göstermiş, fotoğraflarını çeşitli dergilerde yayınlamış ve Batı’ya göre bile oldukça radikal organizasyonlar düzenlemişlerdir. Bu da İstanbul’da hala düzen karşıtı eylemlerin olduğuna dair bir umut vadetmekte, ancak pek çoğu tehlikeli sayılmaktadır. Hem ‘Istanbul Noir’ hem de Bene Taschen Galerisi’ndeki fotoğrafları 2022-23 kışında sergilenecektir.


Odessa 2013

Savaş Günlerinde Zownir ile…

Erman Akçay & Burak Bayülgen
1 Mart 2022

Portrait by Nico Anfuso

“Putin yalan söylüyor, soyuyor ve öldürüyor; sanki bu özgürlük ve demokrasiye olan megaloman savaşında dokunulmazmış gibi. Putin emperyalist bir açgözlü ve bir şekilde durdurulması gerek.”

Ukraynalı bir babanın oğlu olarak yaşanan Ukrayna savaşına ilişkin neler söylemek istersin? 2012-2014 yılları arasında Odessa, Kiev, Majdan gibi Ukrayna’nın çeşitli bölgelerinde ciddi çalışmalar yaptın. Şu anki krizin sinyallerini o dönemden alıyor muydun?

Evet, babam Ukraynalıydı ve halen Ukrayna’da pek çok akrabam ve arkadaşım var… Soruna cevap vermem gerekirse, Majdan’dan önce bir isyan ve ayaklanmanın belirgin işaretleri ortada yoktu. Ama 2013 Kasım’ında Viktor Yanukovych ülkeyi AB’ye yakınlaştıracak anlaşmayı imzalamayı reddedince Ukraynalılar barışçıl bir protesto için sokaklara indi. Sonuç, o zamanki hükümet tarafından yüzden fazla kişinin öldüğü vahşi bir misillemeydi. Yanukovych Rusya’ya gittikten sonra durum oldukça belirsizdi ama çoğu Ukraynalı’nın demokrasiye büyük bir bağlılığı ve AB’ye potansiyel bir entegrasyonu söz konusuydu. Kırım’ın ilhakı ve Rusya’nın Donbass’taki askeri müdahalesiyle bariz bir biçimde görüldü ki Putin kendi kaderlerini seçtiği için Ukraynalıları cezalandırmayı, aşağılamayı ve yok etmeyi planlıyordu. Ukrayna’daki bu anlamsız katliama gelince, inanılmaz öfkeliyim. Putin yalan söylüyor, soyuyor ve öldürüyor; sanki bu özgürlük ve demokrasiye olan megaloman savaşında dokunulmazmış gibi. Putin emperyalist bir açgözlü ve bir şekilde durdurulması gerek. Peki Ruslara ne demeli? Putin’in gaddarlığını açıkça beyan edenler ya kovuldu ya öldürüldü ya da hapsedildi. Fakat pek çok kişi de onu destekliyor gibi görünüyor. Rusya’da devlet propagandası Trump’ın Amerika’da insanları şeytanlaştırmak için yaptığı propagandayla tıpatıp aynı. Sadece başka bir radikal tarafından soykırım rasyonel gösteriliyor.

Kiev, Majdan 2014

Fakat bu dünyaya bir kere geldik ve kendi kaderimize kendimiz karar verdiğimiz sürece ne alıp ne verdiğimiz, dilediğimiz, ifade ettiğimiz, yarattığımız ve kabullendiğimiz bize bağlı.

Türkiye medyasında pandemi, peşi sıra gelen Ukrayna savaşı, yakın dönemde küresel ısınmaya dayalı kıtlık ve bu durumun tetikleyeceği göçler tartışılıyor. Avrupa’da durum nasıl? Bir sanatçı olarak önümüzdeki süreci ve ‘Big Reset’i nasıl değerlendiriyorsun?

Ben bir Nostradamus değilim ama dürüst konuşmak gerekirse pek iyimser de değilim. Dünya geçen yüzyılın 30’lu yıllarından beri hiç bu kadar agresif bir biçimde kutuplaşmamıştı. Sarraflar, ahlak düşkünleri, fanatikler, megalomanlar, riyakarlar, fırsatçılar, tiranlar, teknokratlar ve bilgisayar uzmanları tarafından yönetiliyor. Her dakika daha da kasvetli bir hale bürünüyor. Sanki her şey, bir anda çökecekmiş gibi. Potansiyel olarak hayat boyu deneyimlediğimizden çok daha karanlık bir döneme giriyoruz. İleride ne olacağını kimse bilmiyor. Savaşlar, kıtlıklar, enflasyon, nüfus artışı, hava kirliliği, kuraklık, yoksulluk, yangınlar, fırtınalar, pandemi, bilinmeyen hastalıklar ve felaketler. Kesinlikle gelecek umutsuz görünüyor. Fakat bu dünyaya bir kere geldik ve kendi kaderimize kendimiz karar verdiğimiz sürece ne alıp ne verdiğimiz, dilediğimiz, ifade ettiğimiz, yarattığımız ve kabullendiğimiz bize bağlı.


Those Days Are Over · Mona Mur · Miron Zownir

O GÜNLER GEÇTİ ARTIK

Türkçesi: Burak Bayülgen

Eğer ölmezsen gencecik
Bir trafik kazasında
Boğularak küvetinde
Yahut bir zombiden görerek işkence
Yaramaz şiirlerin bir boka
Boğduğu sürece seni refaha
Kimseyi çekmez sıkıcı maceraların
Ve eğer bir sabıka kaydın yoksa
Sömüremezler seni bir diğer Tatort’ta*
Ve kitleleri büyüleyen bir karizman yoksa
Gönderirler geri Dönerci Dükkanına
Yahut güzellik salonuna
Ve bok gibi olduğunu anlarsın
Kapmak için bir pay pastadan
Haklısın
Bassalar keyfe keder Time’ın kapağına
Yahut kıyaslasalar seni Shakespeare’le
Kimse paylaşmaz zaferini, ününü ve talihini
Bundan böyle
Bu siktiğimin şairiyle
O günler geçti artık

* Tatort, Türkçe “Olay-Yeri” anlamına gelen, Almanya’da 1970’den beri kesintisiz olarak yayınlanan polisiye dizidir.


Istanbul, 2019 September

Sesin ve İmgelemin Radikalizmi

Songül Eski

Zownir’in poetikası, zihnimizde imgeler canlandıran bir müzikten farksızdır. Onun sanatındaki anlayış, şiirlerini okuduğumuzda daha da derinleşir ve çok boyutlu bir açıyla dönüp fotoğraflarına tekrar bakarız. Zownir’in şiirlerinde ampirik anlatımları güçlendiren biraz da empatik dilidir ki kullandığı temalarda her zaman ya birinci tekil ya ikinci tekil olan Zownir’in olayların içinde kendine yer açan bu anlatımı, ampirik olanı güçlendirirken bir o kadar da tinsel kılar ve okur kendini üçüncü tekil olarak çekim alanında, olaylara şahitlik ederken bulur. Bir başka deyişle yönetmen’liğinden şiirlerinde de kopmaz Zownir. Şehrin arka sokakları, izbe yerlerin geç saatlerde büründüğü buğulu atmosfer, kamerasından süzülen ışıkla gözlerimizin önüne serilirler. Onun fotoğraf karelerine baktığımızda dünyanın gürültüsünün bütünüyle kulağımıza çalınması ve bu durumun bizi rahatsız etmesi gayet doğaldır. Zownir’in sanatsal faaliyetlerindeki amaç da tam olarak budur zaten: Rahatsız etmek! Duyuları harekete geçirmenin kimine göre en keskin, kimine göre en acımasız yolu. Öyle ya da böyle insanca bir eylem, insanca bir tavır. Çektigi hardcore fotoğraf karelerinden bu tavrı kolaylıkla sezinliyoruz. Uyuşturucu bağımlıları, fuhuş sahneleri, suç mahalleri gibi çalışma sahası olarak seçtiği temalardaki estetik kaygı, şiirlerinde de göze çarpan bir unsurdur. Konuyu dize yerine bir bütünde anlatmayı tercih etmesini ve ses uyumundaki dikkatini buna örnek verebiliriz. Yeraltı söyleminin endüstriyel kasvetini ve hatta daha da uçlara giderek bu karanlığın uhrevi derinliğini ele alması, Zownir’in sanatını gözler önüne seren bir münacattır. İnsanı ruh ve madde olarak irdelemeyen Zownir için Cennet ve Cehennem denilen yer çok boyutlu olduğu gibi bazen de yoktur veya hiç olmamıştır. Şiirlerinde kullandığı evren, onun olaylara, olaylarla birlikte insana bakışını da yansıtır. Zownir, uçlarda bir sanat sergilese de aslında bütün uçlara karşı başkaldırıda bulunur, dolayısıyla para ve şöhret dahil bütün bağımlılıklara da. Tüm bu radikalizm, esasında insanı iyilik ve güzellikleriyle ön plana çıkartmayı amaçlar. Varetmeyi ve yoketmeyi haince Tanrıdan araklayan insanı suçlar; riyakârlığını yüzüne vurur ve karanlıkla beslenmiş bir tazelikte tıpkı fotoğraflarında olduğu gibi gözlerimizin önüne bir yapıt gibi diker.


İstanbul, 2019 September

2019 yılındaki ziyaretinden iki sene sonra seni tekrardan İstanbul’da görmek bizleri şaşırttı. Zorlu pandemi koşullarında seni tekrardan buraya çeken şey neydi?

2019 Eylül ve Kasım’ında İstanbul’a yaptığım iki ziyaretin ardından görsel birikimim bir photobook için oldukça zengindi. Fakat koronanın patlak vermesiyle, sağlık ve ekonomi üzerinden vatandaşlara kurulan varoluşsal baskının yeni bir biçim almasıyla geri dönmeye karar verdim. 2021 Aralık’ıydı. Şehir ılık ve tatlı bir kış güneşiyle kutsanmıştı ve görünürde herhangi bir değişiklik yoktu. Gel gör ki, geceleyin şehirde gezerken sefaletin artışı görünenin de ötesindeydi. Başıboş çocukları o tıklım tıklım sokaklarda binlerce bacağın ve ayağın arasında görmek şok ediciydi. Dilenciler sakat uzuvlarını teşhir ediyor, evsiz aileler kapı boşluklarında ve kolilerde uyuyor, yaşlı kadınlar ve erkekler bir lokma için sızlayıp inliyordu.

İstanbul, 2021 December

Avrupa’nın birçok kentinde çalışmış bir sanatçı olarak İstanbul ziyaretine ilişkin kabaca neler söylemek istersin? Müslüman bir coğrafya, kozmopolit bir kent, batıya kıyasla ne tip farklılıklar dikkatini çekti?

Haliç ve Boğaz’daki konumuyla, uzun tarihinin bir çok iziyle, o hem kutsal hem de seküler etkileyici mimarisiyle, modern gökdelenleri, çeşitli etnik mahalleleri, alternatif kültür kuruluşları ve kulüpleri, bağımsız yeraltı gazeteleri ve sergileri, işportacıları, trans seks işçileri, ucubeleri, gecekonduları, martıları, sokak kedileri ve o büyüleyici ışığıyla İstanbul kesinlikle dünyanın en muhteşem şehirlerinden biri. Çok kalabalık, havası kirli, inançlı ile inançsız, özgür ruhlu/seküler ile kutsal/politik otoriteye inananlar arasında bölünmüş de olsa ekonomik baskıya direnmesi ve çok farklı bakış açılarına, değerlere ve hayallere göre ayrışması muazzam. Aynı zamanda bir yabancı olarak hiçbir yerde bana karşı bir düşmanlık sezmedim. Ve farklı inançtan insanlar arasında hiçbir zaman açık bir düşmanlığa tanık olmadım. Kısacası İstanbul hoşgörüsü, açık fikirliliği, ziyadesiyle yaşanabilirliği, kozmopolitizmi ve heyecanıyla beni oldukça şaşırttı.

Istanbul, 2021 December

Gündelik hayat ve sosyal açıdan ilgini çeken farklı konular bulabildin mi?

Tabii ki, kaçınılmaz olarak. Asya ve Avrupa yakalarında çeşitli yerlerde yaşadım. Özel pansiyonlar ve oteller. Hem güvenli hem de güvensiz yerler. Hep hareket halindeydim ve zar zor bir kaç saat anca uyuyabiliyordum. Bir misyonum vardı ve adrenalin yüklüydüm. Bir kaç tuhaf olaya değinirsem: Pezevengin biri bana saldırdı. Müşteri peşinde koşan iki trans seks işçisini fotoğraflarken çeneme kuvvetli bir darbe indirdi. Benden kısaydı ama antremanlı bir boksçuydu. Sanırım ortasikletti. Fakat beni pek de korkutamadığından kaçtı. Bir seks işçisi arkasından haykırdı, muhtemelen “korkak” gibi bir şeyler dedi, diğeri de bana İngilizce fotoğrafı silmem için bağırdı. Halbuki ben analog çalışırım. Başka, bir dilenci bana çatalını fırlattı, ıskaladı ve uzanamadı. Çatalı yerden aldım ve geri verdim. Teşekkür etti ve tekrar bana saldırmaya çalıştı, bu sefer de bacaklarımı ıskaladı. Bir diğer sefer de az kalsın bir polisi fotoğrafladığım için tutuklanıyordum, fakat konuşarak yırttım, zaten ne dediğimi de anlamadı. Daha başka şeyler de oldu ama genellikle huzurlu ve rahattı.

King Kahn, Berlin 2013

Genç bir girişimci ve sanat adamı olarak Bene Taschen’nin vizyonunu nasıl değerlendirirsin? Hardhitta Galeri olarak geçtiğimiz yıllarda Jamel Shabazz, Joseph Rodriguez, Gregory Bojorquez gibi fotoğrafçıların işlerini sergilediler.

Bene Taschen’e çok büyük bir hayranlık duyuyorum. Derin fikirleri olan, geniş bir yelpazede birinci sınıf fotoğrafçıları sergileyen harika bir galerici. Bu saydığın isimlerle güçlü bağlar kuran, sergilediği sanatçıların ticari veya tartışmalı yönlerine önem vermeden yüzde yüz ikna olan biri.

Marjinal koleksiyonerlere hitap eden ünlü simaların portreleriyle belgesel nitelikli işleri aynı kefeye koyabiliriz miyiz? Sen kendini daha çok hangi alana yakın görüyorsun?

Goya ucube, fakir, lanetliler gibi zengin, ünlü ve güçlü insanları da resmetti. Bazı fotoğrafçılar natürmort, manzara, portre veya kolaj çalışmayı seçer. Hiçbir stile karşı bir ön yargım yok, bazılarını az bazılarını çok severim. Tabii ki esas olarak sokak ve belgesel fotoğrafçılığını tercih ediyorum. Zaten belli değil mi?

Zownir, Germany

Olgunluk dönemine yaklaşmış bir sanatçı olarak edebiyatın, fotoğrafların ve sinemanla dünyaya bir şeyler söyleyebildiğine inanıyor musun?

Tabii ki insanın kendi eserinin kalitesini, yaratıcı birikimini ve etkisini tartışması güç. Amacım hiçbir zaman memnun etmek, zengin ya da ünlü olmak değildi. Hangi türde çalıştıysam, her zaman bireysel bakış açımı potansiyel sonuçları kale almadan ifade ettim. Bana önemli gelen şeyleri başkalarının takdirine, hiçe saymasına ya da yargılamasına aldırmadan. Hiçbir zaman anaakım olmadım ve bu da halen tartışma konusu. Böyle olmasına rağmen, büyük galeriler ve müzeler benim eserlerimi sergiledi. Sanırım son kırk yılın ruhunu tüm çıplaklığıyla belgeledim ve o keşfettiğim acı gerçeği ne yücelttim ne de yargıladım. Bazı genç fotoğrafçıların varoluşumuzun karanlık taraflarına yönelmesine etki etmiş olabilirim. Romanlar, şiirler, kısa öyküler yazdım ve hiçbirinin değeri İngilizce veya başka dillere çevrilmeden bilinmeyecek. Filmlerim anaakım zevklere meydan okuyan psikotik, ham, put kırıcı ve anti-sinematik filmlerdir. Beğenmen için hasta bir ruha ya da garip bir mizah anlayışına sahip olman gerekiyor. Ama yaptığım her şey burada, kalıcı ve dikkat çekici olacaktır.

Miron Zownir’s second feature film ‘Back to Nothing’ teaser (2015)

Mariupol 2013

UKRAINIAN NIGHT

Zownir toured several parts of the Ukraine and met with a wide range of realities of urban life in different regions. Through close contact with local activists he obtained insights into the often abysmal social life of different marginalized groups, for example drug addicted homeless adolescents dwelling in run down houses and ruins in Odessa. In the course of their photographic journey Zownir, whose father was Ukrainian, photographed also TB patients, HIV-positive orphans or residents of various Roma camps, showing the fringe of society that has been invisible so far in the Ukrainian and foreign media. In his b/w photographs signs of the revolution are already perceptible. The images demand a social and political reflection of the now ubiquitous nationwide crisis. In 2014 Zownir again went to visit Kiev and documented the Majdan as the central square of the visible chaos of the post-revolution, as a place of desolation, great perplexity and silent grief about the people who lost their lives in the uprise.

Odessa 2013- Homeless juveniles
Kiev 2012- Celebration at Majdan
Kiev/ Majdan 2014 – Funeral rite for victim of Majdan uprise
Lemberg 2012– Nuns demonstrating for the preservation of their convent
Sewastopol 2013– Celebration of the WWII victory
Odessa 2012
Jalta 2013- Lenin memorial
Kiev /Majdan 2014

Not to Exist for a While

Listening to a sad symphony
Didn’t pick up my mood
I turned it off and listened
To the sound of the City
Not wanting to listen
To anything
Not to exist for a while
Not to eat breath or think
Is as good a vacation
As any
As long as you have your return-ticket
To your meaningless virtues
Countless secrets
Solitary petting orgies
And nine to five job
Once you have been
Where you should have never returned from
You know it doesn’t matter
If you lived your life with a hard on
Or a fist up your ass
And that’s as sad as it gets
Sadder than the saddest symphony
Or the birth of your offspring

Mona Mur & Miron Zownir – Live at Theater Metropolis, 2018

Bir Süre Var Olmamak

Türkçesi: Burak Bayülgen

Dinlerken hüzünlü bir senfoni
Getirmedi yerine keyfimi
Kapattım ve dinledim
Şehrin sesini
İstemiyor canım bir şey
Dinlemek
Bir süreliğine var olmak
Yememek, solumamak ve düşünmemek
Güzel herhangi bir tatil
Kadar
Gidiş-dönüş biletin olduğu sürece
Anlamsız erdemlere
Sayısız sırlara
Tek başına orjilere
Ve dokuz-beş işine
Oradaydın bir zamanlar
Hiç dönmemen gereken yerde
Ne fark eder ki, bilirsin
Hayatını yaşadıysan erekte
Yahut bir yumrukla kıçında
Ve bu da hüzünlüdür olabildiğince
En acıklı senfoniden
Yahut oğlunun doğumundan.


Erman Akçay, 2019 İstanbul

Source about the artist:


Marc Caro: Strapazin #18

Hätte Marc Caro im 19. Jahr­hundert gelebt, er wäre ein bombenwerfen­der russischer Nihilist gewor­den. Erfreulicherweise ist Marc Caro ein zeitgenössischer französischer Comiczeichner, wobei wir die Gegenwart aus gegebenem Anlaß 1976 beginnen lassen. Was sich 1976 andernorts in der Rockszene mani­festierte, veränderte in Frankreich das Aussehen der Comickunst nachhaltig.

1975 gründeten Olivia Clavel, Christian Chapiron, Loulou Picasso, Lulu Larsen und Bernard Vidal — größtenteils ehemalige Studenten der Kunstakademie — die Gruppe Bazooka. In einer Mischung aus teilweise gewolltem Dilet­tantismus und hochgradiger Perfektion zertrümmert Bazooka voll anarchistischer Freude die Selbstverständ­lichkeiten des klassischen Comic. Ihren ausgeprägten Gefallen am Schockierenden, Absei­tigen teilen sie mit vielen der gleichzeitig oder nach ihnen erscheinenden Comicschaffenden, die neben nervöser Grafik auch Fotos verwenden (Polizistenfotos, Leichenfo­tos, etc.).

“(Diese Richtung) ist gekennzeichnet durch einen schmutzigen, rohen, unfertigen Strich und durch die gewollte Obszönität einer mor­biden und/oder sexuellen Thematik.” Aus der nachfolgenden Genera­tion seien genannt: Matt Kon-ture, der gelegentlich an den frühen Caro erin­nert, La Casinie-re, Mokeit, J.C. Menu, der auch das her­vorragende LE LYNX (nach 7 Nummern leider eingegangen) herausgege­ben hat, Jocelin, der vor allem im eigenen AMTRAMDRAM seine kubo-expressionistischen Bilderserien ab­druckt. Hingewiesen sei noch auf SEDUCTION, hervorragende Fanzine-Zeitschrift, die in Troyes herauskommt. Hier, wie in den zahllosen Graphzines und 30-Exemplare-Produkten trifft man immer wieder auch Bruno Richard, Placid, Muzo, Marc Caro, gelegentlich auch Gotting und Loustal. Viele der Genannten ar­beiten zugleich auch in der Malerei, in der Musik (was man halt so nennt) und im Trickfilm.

Nach ersten Veröffentlichungen in Fanzines kam Marc Caro 1976 aus Avignon nach Paris und begann recht bald, einzelne Arbeiten und kurze Comics (eine Geschichte von Caro ist lang, wenn sie 4 bis 6 Seiten umfaßt) in Comiczeitschriften zu veröffentlichen. 1981 erschien TOT, eine Sammlung bis dahin veröffent­lichter Comics. Mit Jean-Pierre Jeunet, für dessen Anima­tionsfilme er bereits früher Trickfiguren gebaut hatte, drehte er 1981 den Kurzfilm Le Bunker de la derniere rafale. Er beginnt, die Möglichkeiten der Computergrafik zu benutzen, interessiert sich für das Video. Er produzier­te Musikvideos für Jean-Michel Jarre (Trickfiguren für Zoolook) und die erfolgreiche, aber nicht weiter bemer­kenswerte Popgruppe Indochine (Les Tsars). 1987 er­schien mit IN VITRO eine Sammlung seiner späteren, holz­schnittartigen Comics. Heute zeichnet er fast gar nicht mehr, produziert gelegentlich Musikvideos. Die frühen Sachen, in Fanzines wie FALATOFF, Keimzelle des Kleinverlags Artefact, und ab 1976 auch in Metal Hurlant, Char­lie, BD-Hebdo erschienen, erzäh­len von Selbstverstümmlern, Elektroschock-Rollkom­mandos, Kannibalis­mus im Bunker, von Rock­musikern, welche sich auf der Bühne Gliedma­ßen abschneiden. Es ist bereits die Zeit der Indu-strial-Tendenz, mit der Caro die Faszination für Gewaltsysteme, das Verstümmeln und sonstige Pathologien teilt.

Marc Caro and Jean-Pierre Jeunet “Bunker of the Last Gunshots” (1981)

Marc Caro sagt, seine früheren Sachen seien rea­listischer. Die Bildflächen sind mit verschiedenarti­gen Schraffuren und darüber hinaus mit dunkleren oder helleren Rastern fast vollständig bedeckt.

Die menschlichen Figuren sehen ungefähr menschlich aus, meist etwas deformiert. Etwa an George Grosz erinnernd, nur mit den Mitteln der realistischen Illusion dargestellt, die Zeichnung ist körperlicher. Ich kenne 27 Geschichten von Marc Caro, nur in dreien sind Sprechblasen mit erzähltechnischer Bedeutung, in den übrigen gibt es einen Text über dem Bild. Man dächte, daß der Text unter solchen Bedingungen eine doppelt gro­ße Erzähllast tragen muß, in der Tat erzählt uns der Text aber oft etwas anderes als das Bild. In TOT ist eine Ge­schichte, worin der Text die Briefe eines US-Soldaten aus Vietnam an seine ‘liebe Louisa” wiedergibt, er berichtet von der zweifelhaften Kampf­moral seines Mitsoldaten. Die Bilder sagen, daß er “verrückt” wird und vietnamesiche Leichen schän­det. Vielleicht ist dies auch eine der “anthropologi­schen” Geschich­ten, die Caro im Gespräch meint.

Die späteren Comic­geschichten, gesammelt in IN VITRO, verwenden häu­fig den Holz- oder Linolschnitt. Ein Übergang, der gröbere, eckige Li­nien, aber auch eine größere Klarheit des Bildes bringt. Diese Geschichten sind vierfar big, gelegentlich sogar ziemlich bunt, und vom In­halt auch fröhlicher: eine Sommer-Sonnen-Strand-Ge­schichte mit lustigen (der junge Mann klebt sich Toastbrot auf die Ohren um der jungen Frau zu gefallen) und kaf-kaesken Elementen (2 Meter große Fliege).

In diesen späteren Geschichten wird fast ausschließlich die Halbtotale benutzt, die filmischen Mittel der Bilddrama­turgie nur wenig verwendet. Die Geschichten sind daher weniger eindringlich, weniger “realistisch”. In den früheren Geschichten gibt es oft den acteur-narra-teur- einen, der erzählt oder sonstwie den Text liefert und zugleich die Hauptfigur ist. Diese Figur besitzt selten ein entwickeltes Innenleben, dafür sind die Geschichten auch zu kurz. Oft ist die Hauptfigur, am Ende der Handlung tot, denn er kann so ja eigentlich nicht mehr die Ge­schichte erzählen.

Ich glaube, es wäre falsch, das Schockieren­de in den Geschichten Caros übermäßig zu betonen. Er betreibt kein epater le bourgois, seine “Geschmak-klosigkeiten” sind nicht dazu da, moralisch empfindenden Menschen Alp-träu- me zu bereiten. Auch geben seine Ge­schichten, trotz düsterer Bunkerwelten, nur wenig zu einer emphatischen Apokalyp-sensentimentaliät her. Es ist geschrie­ben worden, Marc Caro betreibe Schwar­zen Humor. Vermutlich sind seine Comics hu­moristisch, schwarz sind sie sicher. Das Interview mit Marc Caro fand am 8. Mai 1989 in Paris statt, wir danken Thierry Groensteen für eine freund­liche Hilfeleistung.

Heinrich Raatschen


JP Dionnet interviews Eberoni, Max, Caro and Placid & Muzo

Wann hast du angefangen zu zeichen?

Als Junge, aber angefangen… ich mag das Wort Professionel­ler nicht, aber angefangen, in Zeitungen zu publizieren, 1976, 1977. Kleine Arbeiten, Zeichnungen…

Für die Zeit fällt mir als erstes Bazooka ein…

Das waren schon ein wenig die Vorreiter, aber eigentlich gab es eine ganze Bewegung, eine ganze neue Generation von Zeichnern. Neben Bazooka gab es “Elles sont de sortie”, mit denen ich mehr zu tun hatte… Das war eine ganze Strö­mung, die ein wenig vom Punk [sprich: pönk] her­kam. Es gab viele neue Leute, die in der Zeit her­ausgekommen sind.

Am Anfang eines Comic, steht da ein Bild, oder gibt es erst die Geschich­te, den Text?

Nun, zuerst gab es diese kleinen Texte, die ich geschrieben und dann illustriert habe. Die Ge­schichte mit Zeichnun­gen erzählen. Wie kann man eine Geschichte mit mög­lichst wenig Bildern erzählen. Für die späteren Geschichten in IN VITRO ist es die Geschichte, die dominiert. Die Bilder sind wichtig, und die Geschichte ist auch wichtig, es sind ja keine Gemälde.

Du gebrauchst, wie z.B. im chinesischen Comic, fast nie Sprechblasen.

Nein, ich habe nie Sprechblasen verwendet. Der Text ist immer oben drüber. Man kann das vergleichen mit dem, was im Film die Off-Stimme ist, so eine Erzählweise… Da sind diese kurzen Texte, Textfragmente und dann, tad, ein Schnappschuß. Was mich interessiert, ist so eine kleine Verschiebung, eine Diffe­renz zwischen dem Bild und dem Text. Die ist aber nicht unbedingt absichtlich hergestellt. Ich mag es, wenn das Bild etwas unbestimmt ist, damit ich hineinlegen kann, was ich Lust habe, darin zu sehen. Was ich den Leuten gebe, was die Leute sehen, wenn sie meine

Sachen anschauen, weiss ich nicht genau. Aber Comics, das ist für mich eigentlich ziemlich alt, das ist eine abgeschlossene Periode. Den größten Teil der Comics aus der Zeit habe ich irgendwann zerrissen, die gibt es nicht mehr.

Das war wichtig für die Zeit damals, aber heute interessieren mich andere Sachen. Wieviel hast du publiziert?

So viele Comics habe ich gar nicht gemacht, und fast alle sind in den bei­den Alben. Da fehlen vielleicht 4,5 Geschichten die nirgendwo veröffent­licht worden sind. Ich habe viele Zeichnungen gemacht, kleine Illustrationen, aber nie eine 60-Seiten Geschichte.

War es für dich einfach, deine Sachen in Zeit­schriften unterzubringen?

Ich glaube, im Comic ist das ziemlich einfach. Na ja, jetzt gibt es nicht mehr soviele Zeitschriften, wie vor 5,6 Jahren… Ich hatte Glück, eines Tages bin ich zu Metal gegangen und habe ihnen Zeichnungen gezeigt. Sie mochten es, dann wollten sie noch eine haben und später auch Comics-Geschichten.

Hast du auf Bestellung gearbeitet ?

Ja, sicher. Für die Sondernummern. Das meiste in TOT war für METAL Special Rock, METAL Special Guerre, METALSpecial Irgend­was. Ich mußte die dann, inner­halb eines Monats abliefern. Das hat mich ganz schön ins Schwitzen ge­bracht. Ich bin ein ziemlicher Fau­lenzer, eigentlich, he he…Nachdem Me­tal 36000 Mal den Besit­zer gewechselt hatte, habe ich das irgendwann fallen lassen, weil ich mich mehr zum Video etc. oriehtiert habe. Die Zeitschriften sind normaler ge­worden, das ist wirklich eine Rückkehr zum alten Comic.

Diese Katholiken, die jetzt all die Comicverlage aufkau­fen, findest du das beunruhigend?

Ach, das möchte ich so nicht sagen: Seit ich angefangen habe, selbst zu zeichnen, hat mich das alles nicht mehr so interes­siert. Ich weiß nicht…

Hast du viel in Fanzines veröffentlicht?

Nein, nein, ich habe überall veröffentlicht. Ich finde es gut, in Sachen wie Telerama zu arbeiten, Marie-Claire sogar, jetzt erscheine ich gerade in einem deutschen Blatt [Boxer no. 1 ], in Italien (FRIGIDAIRE)… Da erreiche ich ganz verschiedene Leute. Wenn du immer in den selben Graphzines erscheinst, dann erreichst du immer nur die selben Leute. Ich zeige das lieber Leuten, die darauf nicht gefaßt sind, die das noch nicht kennen.

Dann denkst du also an das Publikum?

Wenn ich an etwas arbeite, geht es mir nicht um das Publikum, sondern mehr um mich, daß ich sagen kann: Ah, da ist mir etwas gelungen, das mir gut gefällt, wofür ich mich nicht schämen muß.

Hinterher mögen es die Leute oder sie mögen es nicht, es erscheint oder es erscheint nicht. Findest du, daß man sich beim Comicmachen Beschränkungen auferlegen muss, weil man ja z. B. verständlich bleiben will?

Ich versuche natürlich, den Zusammenhang zu wahren. Aber man kann nicht unbedingt sagen, daß die Geschichten tatsäch­lich immer ganz verständlich sind, hebe… Das sind keine Schulaufsätze. Diese ganzen späteren Sachen in IN VITRO, das sind für mich eher so eine Art Aphorismen, so kleine Blödheiten. Viele kleine Bilder, und am Ende steht eine kleine Moral von der Geschichte.

Die früheren Geschichten sind da, glaube ich, anders. Die sind meist ziemlich grausam und bizarr…

Sicher, ich zeige ekelhafte Sachen, ich muß den Leuten aber nicht sagen: Schaut, wenn man dies oder das tut, das ist böse. Das ist mehr ein Art Anthropologie… Ich sage: Seht her, das existiert. Es gibt nichts in TOT, was es nicht wirklich gäbe. Gut, es ist ein wenig wahnhaft und phantastisch, es ist nicht dokumentarisch. Aber das alles gibt es ja, es ist nur in den Vordergrund gestellt. Trotz­dem, glaube ich, gibt es da keine Faszi­nation für das Morbide. Ich sage ja nicht: Schaut mal, wie lustig! Schaut, die schneiden sich in Stücke, wie lustig! Und nun gut, die netten kleinen Geschichten, wo alle glücklich und zu­frieden sind, ich meine, ich habe nichts dagegen, daß es das auch gibt.Den Vorwurf, den man mir vielleicht machen kann, ist, daß das ein wenig pessimistisch ist. Das ist keine sehr angenehme Beurteilung des mensch­lichen Wesens.

Machst du noch Musik?

Nein, ich mache keine mehr, nicht in der Gruppe. Was mich eigentlich interessiert, ist nicht die Musik allein, sondern eher eine Verbindung. Im Comic ist es eine Verbin­dung von Text und Bild, im Video ist es eine Verbindung der Wörter, des Textes mit dem Ton und dem Bild. Immer so eine Art Ganzes. Du mußt etwas herstellen, wo man weder die Musik, noch die Wörter, noch das Bild entfernen kann.

Glaubst du, du wirst irgendwann wieder Comics zeichnen?

Es interessiert mich, Sachen zu machen, die ich noch nicht gemacht habe. Eine Serigraphie? okay. Eine Serigraphie in Plexiglas mit einem Wecker drin? Oh ja, das wäre lustig. Oder ein Flaschenetikett für die Leute von Papiers Gras? Ist okay, obwohl ich eigentlich keinen Wein mag.

Ein Medium, eine Technik, die mir noch nicht vertraut sind, das interessiert mich. Auch als ich noch Comics gemacht habe, hat mich Animation schon sehr interessiert, ich habe Trickfiguren für Kurzfilme gebaut… Es ist eher so: Du schaust dich um, findest gute Ideen. Ob das Zeichnungen sind, oder etwas Filmisches… Für mich ist es ungefähr das gleiche, ob ich einen Film mache oder einen Comic. Aber beim Comiczeichnen fehlte mir immer etwas. Du sitzt da ein wenig allein in deiner Ecke, es fehlen die Eindrücke, die Bewegung. Beim Video bist du ausgefüllter, du mußt ein Story-board machen, du mußt zeichnen… Es gibt da viele unterschiedliche Aufgaben, das gefällt mir. Ich arbeite auch gerne mit Leuten zusammen. Und außerdem, mit Papier als Träger, wen erreichst du… Wenn du eine kleine Videosache machst, erreichst du 10 mal mehr Leute, als wenn du ein Album machst, das gut läuft.

Weißt du, wieviel Exemplare von deinen Alben gedruckt und verkauft wurden?

Gedruckt, weiß ich, aber verkauft, das war immer etwas matt, hebe… Also ich glaube, jedes Album ist in ungefähr 5 000 Exemplaren gedruckt worden. Das ist nicht viel. Es verkauft sich nicht besonders gut. Ich glaube, eine Zeitlang wurde ein Exemplar im Monat verkauft. Ah nein, eins pro Tag, immerhin, eins pro Tag, hebe… Das ist trotzdem nicht gerade viel. Aber, wenn es noch in 50 Jahren verkauft wird – das wäre doch nicht schlecht?


Strapazin No. 1, June 1984, Art work by Pierre Thomé

Strapazin is in Munich founded and today in Zurich sedentary comic – magazine . The quarterly magazine offers a platform primarily to independent artists.

In 1984, employees of the city newspaper Blatt founded the Strapazin in Munich. According to co-founders Herbert Meiler and Pierre Thomé, one of the role models was Art Spiegelman’s magazine RAW. Strapazin was “intended as a podium in a comics scene from the start”. The first number with contributions from, among others, Poussin , Muñoz – Sampayo and Ralf König appeared at the first comic parlor in Erlangen and was subtitled “Magazine for Durable”. After that there was nobody in Munich who could guarantee regular publication of the magazine, which is why the Swiss comic publisher and aficionado David Basler began to publish Strapazin from Zurich. In Zurich, illustrators from the so-called “Zurich School” such as Thomas Ott , Ursula Fürst, Andrea Caprez and Peter Bäder were associated with the magazine. From the 1990s onwards, many artists from the former GDR were there in Germany.

In 2010 the 100th edition appeared, with contributions from Chinese comic artists. At the same time, the Chinese publisher Special Comix published a strapazin special with contributions from many well-known Swiss illustrators and a cover photo by Kati Rickenbach . In the same year, according to David Basler, “almost half of the audience […] was female.”

In 2018, the City of Zurich awarded the Strapazin a cultural award in the field of literature : “Founded in 1984 by Swiss and German publishers, it has since had the wonderful variety of picture-narrative formats in large, lush, colorful, wild, and sometimes explosive formats demonstrated and pioneered the establishment of the ‘comic’ as the ‘ninth art’. “

In 2019 the Strapazin celebrated its 35th anniversary with the June issue. The edition is 2000 copies (also as of 2019).  The offices in Zurich and Munich still exist today.

Strapazin No. 2, September 1984

The Strapazin prints comics by, in some cases, little-known and often avant-garde comic artists. The aesthetics of the Strapazin comics are shaped by punk and Dadaism, among other things, the draftsmen have often studied at art schools. Ralf König , ATAK and Thomas Ott published here before their breakthrough.

From number 37 ( L’ASSOCIATION ) onwards, the editions were increasingly, later continuously, under a certain topic appearing in the title with a geographical allocation (e.g. Scandinavian comic world , comics from Tel Aviv ) or a common content (e.g. instructions for use , Comics without protagonists ). A number can also be dedicated to outstanding illustrators such as George Herriman (2002). Every time there are “interesting texts on the meta level” for the comics. 

www.strapazin.de


Marc Caro: Metal Hurlant n°98

Marc Caro, dans Metal Hurlant n°98

LA SCIENCE-FICTION RUSSE N’A PAS TOUJOURS ETE CHIANTE. AU DEPART, MEME, ELLE ETAIT REVOLUTIONNAIRE, REVOLTANTE ET INCROYABLEMENT FOLLE…
C’EST CE QUE L’ON DECOUVRE AVEC LE LIVRE D’OR DE LA SCIENCE-FICTION SOVIETIQUE, EN PRESSE-POCKET.

DANS CETTE ANTHOLOGIE DE LEONID HELLER, IL Y A SURTOUT MOT SOUS PRESSE D’ALEXEI GASTEV QUI NOUS RACONTE EN VRAI REVOLUTIONNAIRE COMMENT ON PEUT FAIRE DE LA BEAUTE EN EMBRASANT DES VILLES. CARO, CE VIEUX FUTURISTES IMAGE LE TOUT.
JOE STALINE

P.S. : HIER SOIR, A LA TELEVISION, SERGE GAINSBOURG PARLAIT DE LA RUSSIE ET IL NE DISAIT PAS QUE DES CONNERIES. APPELE A COMMENTER LE REPORTAGE HABITUEL SUR : «DIEU QUE LES RUSSES SONT BETES ET DIEU COMME ILS MANQUENT DE LIBERTE », IL RE-PONDiT QUE NOUS AVIONS ETE AUSSI GRANDS QUE LES RUSSES AU TEMPS DE NAPOLEON MAIS QUE MAINTENANT NOUS RESSEMBLIONS A UN ROQUET QUI MORD LES CHEVILLES D’UN GRAND ETAT IMPERIALISTE QUI PENSE A SES ENFANTS ET A L’AN 2000. DONT ACTE.


Marc Caro, dans Metal Hurlant n°98

Mode d’ emploi


« La liasse des ordres » doit se lire en extraits d’égale longueur comme si on en alimentait un appa­reil.

Faire cette lecture sans manifester la moindre expres­sion ni le moindre sentiment, sans hausser ni baisser le ton, de manière pseudo-classique ou pathétique. Mots et phrases doivent se succéder à un rythme égal.

Acte pesant, la « liasse » doit se présenter à l’audi­teur comme le livret des événements matériels.

L’ordre 05 pourra être lu par un second récitant, pa­rallèlement aux autres ordres ; ses phrases, entrecou­pées de longues pauses, couvriront le temps de lec­ture des ordres 01 à 09.


L’ordre 10 sera lu en guise de conclusion par le pre­mier récitant.

L’Auteur


LIASSES D’ORDRES

ordre 01


Quarante mille, sur un rang !
Repos. Les yeux fixés sur le manomètre : souder.
Regards fixes alignés.
Vérification de la ligne : salve.
Tir le long de la ligne.
Obus à dix millimètres des fronts.
Trente fronts effleurés : au rebut.
Régiment A à l’Est.
Colonne 10 à l’Ouest.
Vingt-neuf mille : sur place.

ordre 02

Chronomètres en marche
Aux métiers !
Debout.
Pause.
Attention maxima.
Présentation.
Branchement.
Automoteur.
Stop.
Trente secondes de pause.
Commutateur.
Opération B.
Procédé deux, procédé quatre.
Six.
Série 20, au travail.

Marc Caro, dans Metal Hurlant n°98

ordre 03

Médecins, auprès des rangs.
Augmenter la température.
L’élever de neuf dixièmes.
A la première dizaine
Petite pause.
Augmenter à cent.
Grande pause.
A mille E.
Aux métiers, aux truelles, aux microscopes !
Augmenter encore.
A cinq dizièmes.
Au million C.
A trente villes.
A vingt gouvernements.
Agit-canonnade.
Attaque-travail-extra.

ordre 04

Immeubles-prismes.
Liasse de vingt appartements.
Mise sous presse.
Écraser en parallélogrammes.
Serrer de trente degrés.
Roues et vis.
Quartier-tank.
Mouvement en diagonale.
Couper les rues sans dévier.
Mille calories supplémentaires aux ouvriers.

Marc Caro, dans Metal Hurlant n°98


ordre 05

Office des morts dans le cimetière des planètes.
Clameur dans les catacombes des mondes.
Par millions, dans les trappes du futur.
Par milliards, renforcez vos armes.
Bagne de l’esprit.
Cœur dans les fers.
Ingénieurisez les bourgeois.
Enfoncez la géométrie dans leurs crânes.
Les logarithmes dans leurs gestes.
Gâtez leur romantisme.
Des tonnes de mécontentement.
Normalisation des mots d’un pôle â l’autre.
Phrases selon le système décimal. Salle des machines des discours. Détruisez la littérature. Gutturalisez les tunnels. Contraignez-les à parler. Ciel peint en rouge pour créer l’excitation. Roues dentelées : vitesse supérieure. Cerveau-machine : changement. Œil-caméra : mise au point. Nerfs-électricité : travail. Artères-pompes : pompez.

ordre 06

Asie : entièrement en ré. Amérique : un accord au-dessus. Afrique : en si bémol. Radio-maître-de-chapelle. Violoncelle-cyclone en solo. Sur quarante tours : archet en mouvement. Orchestre le long de l’Equateur. Symphonie le long du septième parallèle. Chœurs le long du sixième méridien.
Cordes électroniques au centre de la terre.
Maintenir le globe terrestre dans la musique
pendant les quatre saisons.
Quatre mois de jeu pianissimo sur orbite.
Quatre minutes de volcan-fortissimo.
Interrompre une semaine.
Éclater en volcan-fortissimo-crescendo.
Maintenir six mois sur volcan.
Atténuer jusqu’au zéro.
Terminer le concert.

ordre 07

Bureau de répartition sur le Mont-Blanc. Commutateur Washington commandant l’Amérique. Radio-Calcutta pour le continent oriental. Télégraphistes : dormir pendant deux heures. Réveiller les opératrices pour cinq heures. Réhausser les plates-formes aériennes tous les dix mille kilomètres. Réparer vingt millions de culs-de-jatte. Chevaliser les habitants de l’Australie. Rajeunir de trente ans les Canadiens.


Bir Yaz Gecesi Rüyası: Ezgi Mutlu

Solist: Ezgi İrem Mutlu, Piyano: Erkan Mutlu

İstanbul’un en turistik yerlerinden biri olan Galata Kulesi ve çevresindeki eğlence mekânları, özellikle yaz aylarında cıvıl cıvıldır. İstanbul’a gelip de Galata’da eğlenmeyen yoktur herhalde. En azından arkasına Galata Kulesi’ni alıp fotoğraf çektirmeyen yoktur.

Galata’ya yolu düşenlerin son günlerde uğrak bir mekânı var. Çünkü yaklaşık iki aydır Galata’daki Barnathan Oteli’nin lobisinden çok özel bir sesin şarkıları, Beyoğlu’nun ışıkları arasından müzikseverlerin kalbine işliyor.

İşte o sesin sahibi, 9 yaşından beri solist olarak sahneye çıkan ve müzik deneyimini Sorbonne Paris 3 Tiyatro Bölümü’ne kadar taşıyan, ardından da lisans ve yüksek lisans programından yazar ve yönetmen olarak mezun olan Ezgi İrem Mutlu.

2007 yılından beri kendi bestelerini de seslendirmeye başlayan ve ses tasarımında kendi melodilerini yaratırken vokallerde synthesizer, akustik piyano ve yarı dijital ve analog enstrümanlara ses kaydı yapan Ezgi İrem, Sorbonne’daki eğitimini tamamladıktan sonra 2016 yılında davet aldığı İstanbul Devlet Tiyatrosu’nda yeteneklerini sergilemeye başlamış. İki yıl boyunca “Çehov Makinesi” ve “Narnia Günlükleri”nde oyunculuk, Tiyatro 9 tarafından sahneye konulan “Eksiği Var Fazlası Yok” oyununun ise solistliğini yapmış. Çeşitli dizi, film ve reklam filmlerinde oyunculuğunu sergileyen Ezgi İrem, halen birçok farklı projede şarkıcı, söz yazarı, oyuncu ve dansçı olarak çalışıyor.

Ezgi İrem Mutlu ‘Darağacında Eldivenler’ One woman project

Haziran ayında Fête de la Musique’in 40. yıl dönümü Edith Piaf, France Gall, Gainsbourg, Boris Vian, Charles Aznavour ve Enrico Macias’ın Fransızca şarkılarını seslendiren Ezgi İrem Mutlu, salgın döneminde de boş durmamış. Pandemi nedeniyle çevrimiçi olarak yapılan Akbank Kısa Film Yarışması’nda jüri, “Birbirinden farklı sinemasal anlatıların gücünü başarıyla harmanlayarak sadece ama sadece bugüne ait bir film ortaya koyması sebebiyle” değerlendirmesini yaparak 429 eser arasından Ezgi İrem Mutlu’nun “Darağacında Eldivenler” adlı kısa film çalışmasını ödüle layık bulmuş.

Global Chillers (küresel üşütenler/bir sanat ve sanatçı eleştirisi)

Saint Joseph’e giderken tiyatro kulübünde Antigone sahneleyip aynı zamanda dans ederken, yarı zamanlı müzikal eğitimine başlayan Ezgi İrem Mutlu, Haldun (Dormen) ustanın “Amphitryon” oyunu ile profesyonel olarak sahneye adım atmış. Fransa’da tiyatro yazarlık ve yönetmenlik okurken, le Trac Café de “Cabaret Barré” isimli bir oyun ile kabare de yapan genç sanatçı, aynı oyunu Sorbonne’daki sınıf arkadaşlarıyla birlikte yazıp sahnelemiş. Oyunculuğun yanı sıra canlı müzik ve çeşitli elektronik müzik performanslarında sahne alan Ezgi İrem, 2019 senesinde elektronik müzik üzerine mod synth çalıp ve üstüne söz yazıp şarkı da söylemiş.

Genç sanatçının o kadar anlatılası yeteneği var ki, hani gerçek anlamda “10 parmağında 10 marifet” derler ya, işte öyle. Tiyatro, resim, fotoğraf, sinema filmleri, sosyoloji ve tıpla ilgilenen ve bu alanlarda kendini geliştirmeyi hayat felsefesi haline getiren Ezgi İrem, Barnathan Oteli’nin lobisinde müzikseverlere muhteşem bir müzik şöleni sunuyor.

Fransızca, Türkçe, İspanyolca ve Yunanca şarkılar seslendirirken aldığı tiyatro ve oyunculuk eğitimiyle de kendisini dinlemeye gelenlerle müthiş bir bağ kuruyor. Müziğin ritmiyle dansçılığını da birleştiren genç sanatçı, Galata Kulesi görüntüsüyle süslenen sahnesini müzikal bir kabareye çeviriyor. Sahne aldığı iki saat boyunca izleyicilerine bir yaz gecesi rüyası yaşatıp Galata’dan Dünya turuna çıkarıyor.

Ezgi İrem Mutlu ‘Hey Woman!’ 2011

Şu sıralar da “Baraka” adlı yabancı bir filmde savaş muhabiri rolünü canlandırıyor Ezgi İrem.

Böylesi eşsiz bir sesi ve yeteneği izleme fırsatını kaçırmayın derim.

Benden söylemesi.

Erol Işık


Rezervasyon ve ayrıntılı bilgi için: @thebarnathan


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LDC Newsletter Summer 2022

BUY BOOKS AND PRINTS !!!


Emre Orhun ‘Fissure FOLIO BOOK’

All silkscreen/ 22 pages / 35,5 cm– 44 cm/ white ink on black paper/ fedrigoni black 350 gr.

Emre Orhun ‘Fissure FOLIO BOOK’
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VASIJONA ‘Maskulator’

25,00€

22 cm- 22 cm/ 26 pages / 9 colors all sickscreen paper fedrigonni 260 gr./ cover black 320 gr./ 150 copies

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Laetitia Brochier ‘Tarot de Marseille’

Tarot de mars / 20 x 12,5 cm / 22 cartes / 4 pass. couleurs offset tons directs papier 260 grm + boîte sérigraphiée 1 couleur papier noir 320 grm / 500 ex

 

Laetitia Brochier ‘Tarot de Marseille’
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SAKABASHIRA ‘Mondo Kappa’

TOTAL SICKSCREEN loporello book 20 pages / 22- 30 cm / 8 colors / 150 copies / paper fedrigonni 260 grm + Cover black 350 grm / 30 euros

SAKABASHIRA ‘Mondo Kappa’
SAKABASHIRA ‘Mondo Kappa’
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EXPOSITION

le mauvais oeil 61

Emre 0rhun ‘Fissure’

du 22 Juin 2022 au 9 Septembre 2022

Atelier du Dernier Cri

EXPOSITION: Emre 0rhun ‘Fissure’ Atelier du Dernier Cri

Fissure :

Ce projet est né de l’envie de retranscrire le rêve récurrent que je fais depuis des années. Un rêve en huis-clos, dans des maisons et des appartements délabrés et lugubres, qui ont des portes, des pièces et des couloirs qui apparaissent et disparaissent, qui se multiplient à l’infini alors que je me perds dans les méandres de ces lieux mouvants. Je croise souvent des personnages dont je n’arrive pas à distinguer clairement les visages en raison de l’obscurité des pièces. Puis leurs traits changent en un clin d’oeil sans que je puisse les saisir.

Pour retranscrire ce rêve récurrent, j’ai d’abord réalisé une série de 25 dessins automatique où j’ai laissé errer ma plume au gré de mon inconscient, un trait amenant un autre, un dessin appelant le suivant. Ces encres m’ont servi de base pour les vingt grands dessins en carte à gratter que j’ai dessinés par la suite et qui m’ont pris pas moins de trois ans à réaliser : au vu du format plutôt grand pour cette technique longue et exigeante qu’est la carte à gratter, chaque dessin me prenait à peu près trois semaines pour les finir et pour donner vie aux personnages étranges qui les habitent. Véhicules de mon exorcisme.

EXPOSITION: Emre 0rhun ‘Fissure’ Atelier du Dernier Cri

Emre Orhun est un illustrateur de nationalité turque, né en Chine, lyonnais d’adoption depuis 1993, formé au dessin à l’Ecole Emile Cohl (Lyon) d’où il a été diplômé avec félicitations en 1998. Depuis 2005, il est retourné à l’Ecole Emile Cohl, cette fois-ci pour enseigner la bande-dessinée et l’illustration.

Pour ses illustrations et dessins, il utilise le plus souvent la technique de la carte à gratter qu’il a vu pour la première fois dans une bd du dessinateur underground Thomas Ott. Il n’hésite pas à varier les plaisirs en utilisant des techniques plus traditionnelles comme le crayon, la plume, l’acrylique et la gouache, mais aussi l’informatique pour des peintures numériques.

Préférant l’art populaire et sans frontières, il a travaillé pour différents supports comme l’illustration jeunesse, le dessin de presse, la bande-dessinée, des affiches, des couvertures et des pochettes d’albums… Mais aussi, toujours et régulièrement, en produisant des dessins dans le seul but de les exposer.

Il a publié un grand nombre d’albums pour l’édition jeunesse comme Dr Jekyll et Mr Hyde (Grimm Press – Taïwan), Le Chant des Génies (Actes Sud) ou Pierre Noël (éd. Sarbacane) mais travaille aussi régulièrement pour la presse nationale (Le Monde, XXI, Libération…). En parallèle de son travail d’illustrateur, il aime produire des séries de dessins personnels en vue de les exposer.

Il a fini en 2010 un projet de bande dessinée, Erzsebet, en collaboration avec Cédric Rassat, pour les éditions Glénat.

En 2011, il a été en résidence pendant 6 mois à la Maison des Auteurs d’Angoulême pour travailler sur son projet de bande-dessinée Medley.

Toujours chez Glénat, il a sorti un nouvel album avec le même scénariste : La Malédiction du Titanic en Mars 2012.

A paru en Juin 2013: un livre d’image, Les Vies Imaginaires chez Le Dernier Cri / Marseille.

Derniers ouvrages, paru en 2016 : Medley, bande-dessinée de 150 pages aux éditions Même Pas Mal / Marseille et en 2018, la version illustrée du roman Kinyas ve Kayra de Hakan Günday, auteur turc ayant reçu le prix Médicis Etranger en 2016.

site internet : www.emreorhun.com

Emre Orhun ‘Fissure FOLIO BOOK’

LE DERNIER CRI, 41 Rue jobin, 13003 Marseille

www.lederniercri.org


Lumiere Sur : Audrey Faury

Audrey Fawry, Dessins encre noire / stylo, collages (2018)

« ce sont des morts qui jouent à l’humain, des morts vivants grotesques ! »

Salut Audrey ! Cest très sombre ici, on peut allumer la lumière ?

Mes lampes sont toujours de seconde main, en piteux état, les ampoules grillent souvent… Mais je peux frotter des allumettes…

J’aime bien tous ces crânes ça me rappelle mon enfance, et toi tu tiens d’ où cet engouement pour l’os de tête ?

Il est chargé d’affects ! Je suis une fétichiste-animiste dont les rituels de protection prennent un temps fou; alors tout ces crânes que je dessine sont des offrandes aux morts que j’affectionne et ils me permettent aussi de me placer sous leur bénédiction ! Mes protecteurs édentés me font rire, ce sont des morts qui joue à l’humain, des morts vivants grotesque !

Le corps féminin est assez récurrent aussi dans ton travail, c’est par pur attrait des courbes ou est-ce que ça a une signification particulière ?

Je crois que je n’ ai toujours pas réglé mes conflits avec ma mère.

Aussi Freud pensait-il que le complexe d’Electre ne se résolvait jamais complètement chez la fille et que ses effets s’en ressentaient dans sa vie mentale de femme. Oui, c’est ça, oui, c’est très clair, dans ma vie mentale de femme…

Audrey Fawry, Dessins encre noire / stylo, collages (2019, 2018)
Audrey Fawry, ‘L’Amour au premier regard / Dessins et autres Romantismes à retrouver à la Galerie Le Mât chez Mr Nils Bertho pour l’expo Rifuel Fanglant 2015! Dessins encre noire / stylo, collages (2015, 2018)

Et comment tu as commencé à noircir du papier ?

En me servant du cordon ombilical dès ma sortie dans ce monde de dingues… Y ai su très vite que je serai nullissime en maths, en cuisine et en psychologie cognitive… Je devais trouver un moyen de me démarquer et d’exister en temps que femme très rapidement.

Tu as un style bien particulier, à la fais très fin et très brut, doux et inquiétant Tu as cherché longtemps avant de trouver ce qui te correspond ? Ou peut-être que tu te cherches encore en fait..?

C’est arriver sans crier gare, ça s’est infiltré insidieusement, à travers chaque pores de ma peau, et c’est resté là… Les gens sont souvant surpris quand ils me rencontrent, je ne corres­pond pas du tout à mes dessins (je suis souriante et je ne des­sine pas en porte-jarretelles).

En lisant ton entretien dans Illustre Magazine, f ai vu que tu parlait d’une BD à propos « d’une fille-chien qui engage un combat avec chaques sœurs enfantés. » Je lirais carrément ce genre de chose, est-ce que ça va voir le jour finalement ?

Ahahah ! Non ! Cette histoire est retournée au fond de son tiroir, la fille chien a grandi, n’a toujours pas retrouvé sa mère et s’est enlisée dans des textes pompeux… Comment trouver une fin ? D’autant plus que je hais les fins.

Audrey Fawry, Dessins encre noire / stylo, collages (2019, 2018)
Audrey Faury ‘Photo de classe’ collage 2015

« Je suis imagearienne, je me nourris de dessins et je suis une grande vorace… »

Et sinon qu’est-ce que tu mijotés en ce moment ?

Je suis la femme élastique avec un bras qui dessine pour le prochain Gonzine de Sarah Fisthole (que j’ aduuuule), un autre qui dessine pour un fanzine reptilien, un autre moyenâgeux, une expo à Bruxelles dans d’ anciens abattoirs (Ahahaha quelle idée judicieuse par les temps qui courent !), une jambe chez un projet avec un groupe de musique expérimentale, l’autre jambe qui court après Christophe Siébert pour des illustrations quand il voudra bien de moi et actuellement trois petits dessin à la galerie Le Mat de Nils Bertho à Montpellier…

Audrey Fawry ‘Old Fuckers Never Die’ Dessins encre noire / stylo, collages (2014)

Le futur c’est bientôt, on s’en approche doucement mais surement, pour toi 2016 année de..?

No more prothèses !

Désolée mais parler de mijoter ça me donne faim D’ailleurs de quoi se nourrissent le corps et l’esprits d’Audrey Faury ?

Je suis imagearienne, je me nourris de dessins et je suis une grande vorace… Chloé Poizat, Anne Careil, Fanny Mickaëlis, Daisuke Ichiba, Emre Orhun, Céline Guichard, (et je suis la fan numéro one d’ Arnus Horribilis) ; les photos de Wolfgang Tillmans, les univers des tatoueurs (genre Jean Luc Navette, Sixo Santos, Ophélie Taki, Jakub Tramecourt…); Je soupe aussi de textes… surtout ceux d’ Emily Dickinson ou de Marion Aubert…

Merci beaucoup pour cette interview, Banzaï est ravi de mieux te connaître ! Imaginons que cette interview se termine avec un générique, ce serait quoi la chanson de fin?

Oh my god Huuum, mmmmmm…. « Girl Just Want To Have Fun » de Cindy Lauper…

> audreyfaury.tumblr.com


Cette interview est tirée du magazine Banzaï (2016)

> banzai-editions.com


Aventures Extraordinaires d’un Artiste Extraordinaire: Mattt Konture

Mattt Konture, Galerie Réplique (2017)

Mattt Konture is a French underground comics author and musician. He is one of the founders of the French publishing house L’Association and is a forerunner of the French autobiographical comics movement. Konture grew up in Lozère, where his influences included Métal Hurlant artists like Marc Caro, Doury, Rita Mercedes, and Moebius.

Konture published his first comics in 1983 (at the age of 18) in magazines such as Viper (“L’ajeun”) and Le Lynx (“Les Exploits de Ted” with Jean-Christophe Menu). When Konture went to Paris he published his first comics, Nerf, on an old Xerox machine. L’Association later reprinted this first book. His first comic book was Ruga Zébo Violent, first volume of the “Pattes de Mouche” collection published by L’ANAAL, to become L’Association.

At this time, Konture’s drawings were very dark and full of strokes and looked like the growing American underground style. Konture later discovered 1960s American underground cartoonists such as R. Crumb and Gilbert Shelton, who inspired him to create psychedelic and autobiographical comics. In 1988, Konture started autobiographical comics such as Krokrodile Comix 1, or Galopu, that was a forerunner of the French underground movement.

Mattt Konture, 1984

In 1989 Konture returned to Lozère. There he drew a few comics and continued Ivan Morve (a pun on “Mort-vivant,” “living dead”). Ivan Morve is a series of half-autobiographical stories published in the pages of Psykopat.

During the same period Konture started “Jambon blindé,” an improvised comix commissioned by his friend Stéphane Blanquet. This new way of telling stories drove Konture to draw a series of “comix” edited by L’Association in the collection Mimolette. “Autopsie d’un mort vivant” (“Autopsy of a living dead”) is a dark retelling of Konture’s life. In these books all his characters reappear: GalopuMister VrO, and Ivan Morve — each of them represents the author’s mood.

Mattt often draws with artist friends, publishing works such as Galopinot (L’Association) drawn with Lewis Trondheim, and, more recently, L’Abbé Noir (Arbitraire) drawn with Lilas and Willy Ténia, La Comète à 4 pattes (L’Association), drawn with Lilas, Willy Ténia and Freaky Nasa, and Borrut Popotte (Marseilles based silkscreen and publishing house Le Dernier Cri), drawn with Lilas.

For a long period of his life, Konture worked at home. Now he’s part of a collective artist’s space (workshop, gallery and boutique) En Traits Libres, which is open to the public.

Vidéo réalisée par Sébastien Casino pour l’exposition de Mattt Konture à La Jetée (Janvier 2017)

Konture has also played in many musical groups (Les Tordus, Pumpkin Guts, Cosmogol, Rhinoplastic Démodex…), including his original one-man group Courge, which later changed its name to Lucky and the Courges, and which produces CDs and plays concerts in the Montpellier area where he lives.


Mattt Konture, L’Éthique du souterrain (2012)

attt Konture, L’Éthique du souterrain

Documentaire de 64 minutes réalisé par Francis Vadillo, qui a suivi Mattt Konture pendant plus de deux ans, chez lui, dans différents festivals, et lui offre enfin le portrait qu’il mérite. C’est l’occasion de le voir au travail, dessinant dans ses carnets et réalisant des fanzines, ou jouant sur scène avec son groupe Courge. On pénètre dans son quotidien en l’accompagnant dans sa pratique compulsive du dessin, seul ou entouré de ses nombreux amis fanzineux, mais aussi par l’évocation de la maladie qui l’affecte, la sclérose en plaques. C’est enfin un portrait d’une scène underground musicale et graphique vivace et festive, que Mattt Konture n’a de cesse de parcourir pour apporter sa contribution.

On y croise J.-C. Menu, Pacôme Thiellement et Killoffer, qui se souviennent de leurs rencontres, au début des années 80, et reviennent sur l’importance de son œuvre autobiographique.

Mattt Konture : l’éthique du souterrain 2018

Mattt Konture auteur incontournable de la bande dessinée contemporaine se distingue notamment par ses albums autobiographiques introspectifs et sans concession qu’il écrit et dessine depuis vingt ans. On y croise ses amis son plaisir à dessiner son groupe Courge son univers underground libertaire où l’on se soucie peu du marché de l’art et de l’édition où l’on fait tout soi-même. Ce film est aussi l’histoire d’un homme d’un artiste qui affronte le mal dont il est atteint la sclérose en plaque. Une maladie qui parfois s’exprime par un graphisme sombre et torturé quand elle prend le dessus. Mais ce que l’on retient de cette expérience de vie c’est la capacité de Mattt Konture à répandre autour de lui une forte dose.


Mattt Konture, L’Éthique du souterrain (2012)

64-minutes documentary directed by Francis Vadillo, who followed Mattt Konture for more than two years, at home, in various festivals, and finally offers him the portrait he deserves. This is an opportunity to see him at work, drawing in his notebooks and making fanzines or playing on stage with his group Courge. We enter his daily life by accompanying him in his compulsive practice of drawing, alone or surrounded by his many zinester friends, but also by evoking the disease that affects him, multiple sclerosis. Finally, it is a portrait of a vivacious and festive musical and graphic underground scene which Mattt Konture constantly explores to make his contribution.

We meet J.-C. Menu, Pacôme Thiellement and Killoffer, who remember their meetings in the early 80s, and discuss the importance of his autobiographical work.

Mattt Konture, L’Éthique du souterrain (2012) L’association

During filming, Mattt Konture produced a new “comixture” which accompanies the DVD. This new comix, without possible comparison with a simple making-of, opens a dialogue with the documentary, offers it unexpected extensions and gives all its coherence to the whole.

Mattt Konture ‘L’Éthique du souterrain’

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Animation paréidolique par Mattt Konture et Janko pour le film Mondo DC / production Le Dernier Cri Musique Janko & Mattt Konture, montage Pakito Bolino

Night of the Konture (2010)

> COURGE.BANDCAMP.COM

> MATTT KONTURE



Pigs of Author: The Secret Charm of the Little Pigs of Pomaire

Clay Pigs by Alex Chellew and Sebastian Clover

“This project seeks, on the one hand, the re-signification and revaluation of those traditonal Piggy artifacts made of Greda (Clay) from the town of Pomaire, mainly because it represents an object belonging to both a living folk tradition and to the identity of the people living in the central/southern area of Chile. On the other hand, I consider that, as a visual form in the field of the arts, “Chanchos de autor” offers a different and innovative medium, much closer to the public, which helps to bring different social and cultural segments closer to art”,

says Daniela Greve, organizer of the project and founder of the Por Chanchos de Greve platform.

  • Pigs of author is a project that brings together more than 100 piggy banks of clay painted mostly by a curated group of both chilean and international artists that will be on display to the public from this May 2 at the CEINA (Extension Center of the National Institute).
  • Curated and produced by Daniela Greve, Chanchos de Autor is a traveling exhibition that has been already displayed in different art spaces in Santiago and is preparing to be exhibited in other Chilean cities museums.
  • Different techniques, stories and stylistic approaches converge in a project that evaluation and circulation of a significant object within our identity and popular/cultural history.

In Chilean popular culture, the ‘Clay Pig’ occupies a particular place, both in terms of decoration and in the appreciation of the work of popular pottery that began to develop in different areas of the center / south of Chile, even before than the arrival of the Spanish conquerors.

Clay Pig by Gonzalo Cienfuegos

From the pig from Quinchamalí (Ñuble Region) to the one made in the Quebrada de las Ulloa (Bío Bío); From the Pig of Pomaire (Metropolitan Region) to the Pig of Pilen or the figure of Vichuquén (Maule), in each area different artisans have been making pigs with very particular features and attributions, that range from the functional (decoration/savings) to the magical/pagan (good fortune/make a wish). No pig is the same as the other, the story states that, to maintain their magical attributions, each one must have a character. Throughout this vast area of pottery production, different stories and mythologies have been generated around this figure, which today has also become the livelihood of local micro-economies.

A few years ago, Daniela Greve, a political scientist, cultural manager and art collector, began to acquire the classic clay pigs (which, depending on their region of origin, have particular characteristics, tones, materials and functions). Almost like a natural instinct during the quarantine process that the pandemic brought, Greve and her daughter began to intervene and decorate them, giving them an even more unique character.

In the midst of the pandemic, Daniela began to travel to Pomaire, to learn about the manufacturing process of the piglets and to begin, together with local potters, the production of more than 200 figures. The contingency of confinement and the affection that the figure inspires in each one, resulted in a collection of unique works made by artists from different disciplines and styles.

Clay Pigs by Victor Castillo, Jose Carcavilla, Icha Vizcarra & Pablo Inda

In the year 2021 Daniela Greve founded Chanchos de Greve, a project whose concept seeks to connect the cultural and identity attributions of the pig of clay in our cultural heritage by inviting different visual artists to capture their gaze and connection with the object.

Canchos de Autor’ is an eclectic and energetic collection of clay piggy banks made by Chilean potters where artisan work intersects with an also eclectic and wide selection of visions and techniques and more than one reflection on our current situation.

After a successful first version, at the Ralli Museum in Santiago, ‘Canchos de Autor’ is currently presented at the Exhibition Hall of the Cultural Corporation of Las Condes, located in the Pueblito de los Dominicos and this Monday, May 2, it will be will open at the CEINA (Extension Center of the National Institute).

The creators summoned include Víctor Castillo, Vivian Werbin, Vicente Irarrázaval, Leonardo Portus, Gonzalo Cienfuegos, Rodrigo Cociña, Carmen Piemonte, Javier Aliste, Marcia Bravo, Leonardo Casas, Carmen Valbuena, Cristián Elizalde, Sol Guillón, among others.

Clay Pig

“This exhibition (at CEINA) is very important to us, since it is a space where many students come, especially from the National Institute, and it is they, the young people and children, who enjoy the exhibition the most, because of the colors, the concepts and the forms; In addition, this exhibition generates interest in art and a desire to learn from it in some”,

concludes Daniela Greve, who is already preparing the exhibition to be exhibited in the city of Melipilla, where the same artisans and the general public of the city of Pomaire will be able to appreciate the project in its aesthetic dimension.

Visit:

@porchanchosdegreve en Instagram

Catálogo completo on-line www.chanchosdeautor.cl

carpeta con imágenes disponible en email: chanchosdegreve@gmail.com


Dans La Têtes de Stéphane Blanquet

Blanquet, Halle Saint Pierre, 2020

« La sous-culture est plus pernicieuse, plus virulente, plus vicieuse que l’art. L’art on sait où le trouver, il est au chaud, même s’il se dit violent ou anarchiste, il restera bien au chaud sous ses dorures. La sous-culture, elle, ne fait pas semblant, ne se donne pas de médailles, ou alors en chocolat. La sous-culture est toujours en danger, cachée dans la jungle, entre un paquet de lessive et des jouets en plastique bon marché. Même si parfois je flirte avec le milieu chaud et confortable, même si j’y glisse un doigt ou bien même un bras, le reste de mon corps est dans les intempéries des sous-sols ».

Dans La Têtes de Stéphane Blanquet

Par Martine Lusardy, directrice de la Halle Saint Pierre, 2020

ressource: hallesaintpierre.org

Présenté à la Halle Saint Pierre en 2011/2012 dans le cadre de l’exposition HEY! modern art & pop culture par Anne et Julien, Stéphane Blanquet y conçut spécialement une installation. Celle-ci portait très haut l’enjeu de l’exposition : affirmer la vitalité de ces expressions artistiques individuelles et autonomes qui rompent avec les conventions et les codes dominants et renversent les valeurs établies du “beau” et du “laid”, du bon” et du “mauvais” goût. L’artiste revient aujourd’hui en nos murs déployer son imaginaire tentaculaire : une carte blanche qui sera également pour lui l’occasion d’inviter des artistes avec qui il partage le même goût pour notre humanité souterraine.

Dessinateur, plasticien, metteur en scène, réalisateur, Stéphane Blanquet a derrière lui un long parcours dans le milieu de l’édition où il a fondé en 1990 le mythique Chacal Puant, primé au festival de la BD d’Angoulême en 1996 pour le graphzine La Monstrueuse puis les United Dead Artists. Considéré comme l’une des figures majeures de la scène artistique underground, son univers tourmenté déborde largement du cadre de sa production graphique. Installations, spectacle vivant, scénographie, cinéma d’animation, costumes et décors de théâtre, jouets, poupées et autres objets atypiques et subversifs, ombres chinoises, sont autant d’espace de création où Stéphane Blanquet signifie son parti pris : « La sous-culture est plus pernicieuse, plus virulente, plus vicieuse que l’art. L’art on sait où le trouver, il est au chaud, même s’il se dit violent ou anarchiste, il restera bien au chaud sous ses dorures. La sous-culture, elle, ne fait pas semblant, ne se donne pas de médailles, ou alors en chocolat. La sous-culture est toujours en danger, cachée dans la jungle, entre un paquet de lessive et des jouets en plastique bon marché. Même si parfois je flirte avec le milieu chaud et confortable, même si j’y glisse un doigt ou bien même un bras, le reste de mon corps est dans les intempéries des sous-sols ».

Les sous-sols seraient donc l’univers matriciel de Blanquet, un underground culturel réel où naissent ses images abrasives, mais aussi le lieu symbolique d’où provient la voix qui les anime. Ses influences seraient à chercher du côté de la bande dessinée érotique bon marché des années 70 à 90, notamment celle du sulfureux éditeur français Elvifrance. Cette littérature de gare licencieuse, au sexe explicite et à l’horreur débridée, aura été une inspiration directe.

Blanquet, Halle Saint Pierre, 2020

« Si on regarde bien, je dessine une brindille comme si c’était un organe, de l’herbe comme des poils, c’est une vision organique de tout, tout transpire plus ou moins, et tout est vivant… Et puis, il est bien plus passionnant de dessiner, de faire vivre des morceaux, cela devient comme des paysages, falaises de gorges, forêt de vulves, ça devient plus intéressant qu’une petite balade dans la campagne ».

L’exploration artistique de nos mondes psychiques et mythiques selon Stéphane Blanquet met à découvert ce que nous pensions connaître : le monde des pulsions, du sexe et de l’organique « Si on regarde bien, je dessine une brindille comme si c’était un organe, de l’herbe comme des poils, c’est une vision organique de tout, tout transpire plus ou moins, et tout est vivant… Et puis, il est bien plus passionnant de dessiner, de faire vivre des morceaux, cela devient comme des paysages, falaises de gorges, forêt de vulves, ça devient plus intéressant qu’une petite balade dans la campagne ». Ce langage issu des profondeurs du corps humain est à même de rendre accessibles l’indicible, l’impensabl e, l’inavoué. Mais si Éros est ici généreux, s’il sécrète dans une joyeuse abondance, sa force vitale et créatrice n’en est pas moins inquiétante dans son engendrement jusqu’à l’obscène, dans sa prolifération jusqu’à la monstruosité. « Vomir sa propre œuvre, face au vide, face à l’encre épaisse, face à son propre dégoût, soi- même, c’est là qu’est l’impact. Face à face. Être seul et vomir sa propre mélasse, son propre jus, noir ou rouge, pourvu qu’il ne soit pas transparent ». Le corps, pour Blanquet, est instauré en une réserve de vitalité inépuisable, une véritable usine où chaque organe ne s’arrête pas à une fonction biologique mais prend alors un statut expressif, dévidant sur le monde environnant ses sécrétions symboliques. Le désir s’impose-t-il avec trop de force ? Il doit alors faire exploser les têtes, les sexes, les faire cascades de liquides.

Le monde selon Stéphane Blanquet est un monde réduit à ses soubassements pulsionnels et organiques. Mais l’artiste en établit sa propre topographie, créant dans un style exubérant, presque effrayant, de nouvelles relations entre les mots, les images et les corps. Il les dévoile autant qu’il les recouvre par leur étrangeté cruelle, grotesque, excessive. Un extrême que l’on retrouve déjà dans nombre de ses titres : Goudron Pressage – Sillon Tympan, Vide point . rose trou, Mâchoires noires, Blanquet gangrène Tokyo, Blanquet s’ouvre la panse, Labyrinthique intestin, Chambre avec vue sur mes cauchemars, Rendez-vous Moi en Toi, La Vénéneuse aux deux éperons, Chocottes au sous-sol !, La nouvelle aux pis, Viande froide et Cie, Le Fantôme des autres, Mon méchant moi, Monographie lacrymale.

Blanquet choque, provoque, trouble, aime créer le malaise en manipulant nos frustrations et ses propres obsessions. Son univers torturé, angoissé est peuplé d’hommes, de femmes et d’enfants que nous voyons habités par le démon de la perversité. Mais cette tension entre innocence et cruauté, entre jubilation sexuelle et pulsion de mort n’est pas désespérance sans issue. Blanquet fait la peau au refoulé, ressuscite la chair, les corps délivrés de la culpabilité et de la peur de mourir.

Art News V4005: Stéphane Blanquet

« S’user jusqu’à la corde, raide, raide et rouge. La radicalité d’une œuvre n’est pas collective, elle ne peut l’être, elle est avec soi-même, sans posture, à poil devant la mort ».

Artiste plasticien, dessinateur, créateur multimédia… Stéphane Blanquet (1973) développe un foisonnement d’images, de formes et de sons depuis la fin des années 1980 : œuvres d’art, installations, spectacle vivant et scénographie, édition indépendante, art urbain, cinéma d’animation, musique… Il enrichit son travail en explorant avec passion les technologies et techniques les plus variées, des plus traditionnelles aux plus avant-gardistes : dessin à la plume, lithographie, tapisserie numérique, outils informatiques…

En 1993, Blanquet, invité par Jacques Noël pour une première exposition solo, présente « Exposition Posthume » au Regard Moderne à Paris. Depuis, son travail est régulièrement montré: MAC Lyon, Singapore Art Museum, Musée des Arts Décoratifs (Paris), Hayward Gallery (Londres), Halle Saint-Pierre (Paris), Museum of Fine Arts Boston (USA)… Récemment, il a présenté des expositions personnelles au Centre Georges Pompidou à Paris en 2016, au Fürstenfeldbruck Kunsthaus (Allemagne) en 2017 et à l’Abbaye d’Auberive en 2018.

Présentation de l’exposition par Stéphane BLANQUET

Il est très rare que l’on vous donne les clefs d’un lieu pour l’investir entièrement, sur une longue période, en vous laissant libre de s’y déployer de bas en haut, sur tous les murs, dans tous les espaces, de l’investir avec des images, des dessins, des sculptures, des expérimentations visuelles, des couleurs et lumières rouges vives, des nouvelles pièces rêvées pour le lieu. Il faut l’investir, se répandre, s’ouvrir soi-même et aller chercher sa propre matière. C’est à l’intérieur de soi que ça se passe, à l’intérieur de moi que sont mes images, mon univers, mes univers. Une tête ne suffit pas à contenir toutes mes envies, il m’en faut toujours plus, comme à mon habitude, plus de tout, plus de couleurs, plus d’espace, et évidemment plus de têtes. Plus d’univers nécessite / appelle / exige / signifie plus de têtes.

Tranchée Racine Hebdomadaire – N°1 – Spécial Stéphane Blanquet

Dans les têtes de Stéphane Blanquet – dans mes têtes.

Une exposition d’un an ne peut pas rester statique, je suis trop agité pour la laisser dormir confortablement. Il me faut de l’inconfort et mon inconfort sera généreux. Diviser un an en trois temps, exposition évolutive en trois moments, tous les quatre mois réinvestir l’espace, le faire évoluer avec de nouvelles images, de nouvelles installations, des œuvres peu vues, des nouvelles tapisseries, des nouveaux totems, de nouvelles têtes. Pourquoi s’arrêter là ? Ce n’est pas suffisant, ce n’est jamais assez, alors déployons. Au-dessus de moi, à l’étage, au-dessus de mes têtes, je veux montrer d’autres univers, des univers frères, des univers sœurs. Des invités du monde entier. Des peintres, des collagistes, des dessinateurs, des artistes du monde entier, en deux expositions successives, une cinquantaine d’artistes. Il faut se déployer dans la générosité. Donc, en même temps que les murs, lancer un journal, un hebdomadaire, La Tranchée Racine. Chaque semaine, sur toute la durée de l’exposition, une excroissance graphique, en couleurs, imprimée sur un beau papier. 40 numéros, 500 artistes du monde entier. Il faut au moins ça, c’est un minimum. Il faut le maximum. Dans mes têtes, c’est comme ça.

Blanquet, Halle Saint Pierre, 2020

magasin de proximité

> blanquet.com


Blanquet

“Subculture is more pernicious, more virulent, more vicious than art. Art you know where to find, it’s warm, even if it calls itself violent or anarchist, it’ll stay warm under its gilding. Subculture, on the other hand, doesn’t pretend, doesn’t give itself medals, or even chocolate ones. The subculture is always in danger, hidden in the jungle between a packet of washing powder and cheap plastic toys. Even if I sometimes flirt with the warm and comfortable environment, even if I slip a finger or even an arm in there, the rest of my body is in the bad weather of basements”.

Presented at Halle Saint Pierre in 2011/2012 as part of Anne and Julien’s HEY! modern art & pop culture exhibition, Stéphane Blanquet designed a special installation. This installation reflected the very essence of the exhibition: to affirm the vitality of these individual, autonomous artistic expressions that break with dominant conventions and codes, and overturn established values of “beautiful” and “ugly”, of “good” and “bad” taste. Today, the artist returns to our walls to deploy his tentacular imagination: a carte blanche that will also be an opportunity for him to invite artists with whom he shares the same taste for our subterranean humanity.

Blanquet, Halle Saint Pierre, 2020

Dans La Têtes de Stéphane Blanquet

By Martine Lusardy, director of the Halle Saint Pierre

Translated from French for English readers / resource: hallesaintpierre.org

Stéphane Blanquet is a draughtsman, visual artist, director and filmmaker with a long career in the publishing world, where he founded the legendary Chacal Puant in 1990, won an award at the Angoulême Comics Festival in 1996 for the graphzine La Monstrueuse, and then the United Dead Artists. Considered one of the leading figures on the underground art scene, his tormented universe extends far beyond his graphic work. Installations, live shows, set design, animated films, costumes and theater sets, toys, dolls and other atypical, subversive objects, shadow puppets – these are just some of the creative spaces in which Stéphane Blanquet expresses his bias: “Subculture is more pernicious, more virulent, more vicious than art. Art you know where to find, it’s warm, even if it calls itself violent or anarchist, it’ll stay warm under its gilding. Subculture, on the other hand, doesn’t pretend, doesn’t give itself medals, or even chocolate ones. The subculture is always in danger, hidden in the jungle between a packet of washing powder and cheap plastic toys. Even if I sometimes flirt with the warm and comfortable environment, even if I slip a finger or even an arm in there, the rest of my body is in the bad weather of basements”.

Blanquet, Halle Saint Pierre, 2020

“If you look closely, I draw a twig as if it were an organ, grass as if it were hair, it’s an organic vision of everything, everything transpires more or less, and everything is alive… And then, it’s much more exciting to draw, to bring pieces to life, it becomes like landscapes, cliffs of gorges, forest of vulvas, it becomes more interesting than a little stroll in the countryside.”

Basements are thus Blanquet’s matrix universe, a real cultural underground where his abrasive images are born, but also the symbolic place where the voice that animates them comes from. Blanquet’s influences are to be found in the cheap erotic comics of the 70s and 90s, notably those of the sulphurous French publisher Elvifrance. This licentious station literature, with its explicit sex and unbridled horror, was a direct inspiration.

Stéphane Blanquet’s artistic exploration of our psychic and mythical worlds uncovers what we thought we knew: the world of impulses, sex and the organic “If you look closely, I draw a twig as if it were an organ, grass as if it were hair, it’s an organic vision of everything, everything transpires more or less, and everything is alive… And then, it’s much more exciting to draw, to bring pieces to life, it becomes like landscapes, cliffs of gorges, forest of vulvas, it becomes more interesting than a little stroll in the countryside”. This language from the depths of the human body is capable of making accessible the unspeakable, the unthinkable, the unacknowledged. But if Eros is generous here, if it secretes in joyous abundance, its vital and creative force is no less disturbing in its engendering to the point of obscenity, in its proliferation to the point of monstrosity. “Vomiting one’s own work, in the face of emptiness, in the face of thick ink, in the face of one’s own self-loathing, that’s where the impact lies. Face to face. To be alone and vomit your own molasses, your own juice, black or red, as long as it’s not transparent. For Blanquet, the body is an inexhaustible reserve of vitality, a veritable factory where each organ is not limited to a biological function, but takes on an expressive status, reeling out its symbolic secretions onto the surrounding world. Does desire impose itself too forcefully? Then it must explode heads, sexes and cascades of liquids.

Blanquet, Halle Saint Pierre, 2020

Stéphane Blanquet’s world is reduced to its impulsive, organic underpinnings. But the artist establishes his own topography, creating new relationships between words, images and bodies in an exuberant, almost frightening style. He reveals them as much as he covers them with their cruel, grotesque, excessive strangeness. An extremity already present in many of his titles: Goudron Pressage – Sillon Tympan, Vide point . rose trou, Mâchoires noires, Blanquet gangrène Tokyo, Blanquet s’ouvre la panse, Labyrinthique intestin, Chambre avec vue sur mes cauchemars, Rendez-vous Moi en Toi, La Vénéneuse aux deux éperons, Chocottes au sous-sol !, La nouvelle aux ud, Viande froide et Cie, Le Fantôme des autres, Mon méchant moi, Monographie lacrymale.

Blanquet shocks, provokes, unsettles, likes to create unease by manipulating our frustrations and his own obsessions. His tortured, anguished universe is populated by men, women and children we see inhabited by the demon of perversity. But this tension between innocence and cruelty, between sexual jubilation and the death drive, is not hopeless despair. Blanquet strips away the repressed, resurrects flesh and bodies freed from guilt and the fear of death.

Smarty ‘Dans les têtes de Stéphane Blanquet’ 2021

“Wear yourself down to the bone, stiff, stiff and red. The radicality of a work is not collective, it cannot be, it is with oneself, without posture, naked in front of death”.

Presentation of the exhibition by Stéphane BLANQUET

It’s very rare that you’re given the keys to a place to invest it entirely, over a long period of time, leaving you free to spread out from bottom to top, on all the walls, in all the spaces, to invest it with images, drawings, sculptures, visual experiments, bright red colors and lights, new pieces dreamed up for the place. You have to invest it, spread out, open yourself up and fetch your own material. It’s all happening inside myself, inside my images, my universe, my worlds. One head is not enough to contain all my desires, I always need more, as usual, more of everything, more colors, more space, and of course more heads. More universes require / call / demand / mean more heads.

In the mind of Stéphane Blanquet – in my minds.

A one-year-old exhibition can’t stay static; I’m too restless to let her sleep comfortably. I need discomfort, and my discomfort will be generous. Dividing a year into three phases, an evolving exhibition in three moments, every four months reinvesting the space, evolving it with new images, new installations, little-seen works, new tapestries, new totems, new heads. Why stop there? It’s not enough, it’s never enough, so let’s expand. Above me, upstairs, above my heads, I want to show other universes, brother universes, sister universes. Guests from all over the world. Painters, collagists, draughtsmen, artists from all over the world, in two successive exhibitions, some fifty artists. It’s all about generosity. So, at the same time as the walls, we launched a newspaper, a weekly, La Tranchée Racine. Every week, for the duration of the exhibition, a graphic excrescence, in color, printed on beautiful paper. 40 issues, 500 artists from all over the world. That’s the minimum. You need the maximum. In my mind, it’s like that.

Tranchée Racine Hebdomadaire – N°2 – 13 artists /12 artworks

Stéphane Blanquet (1973) is a visual artist, draughtsman and multimedia designer who has been developing an abundance of images, forms and sounds since the late 1980s: works of art, installations, live performance and scenography, independent publishing, urban art, animated film, music, etc. He enriches his work by passionately exploring a wide range of technologies and techniques, from the most traditional to the most avant-garde: pen-and-ink drawing, lithography, digital tapestry, computer tools, etc.

The world according to Stéphane Blanquet is a world reduced to its impulsive and organic underpinnings. But the artist establishes his own topography, creating in an exuberant, almost frightening style, new relations between words, images and bodies. He reveals them as much as he covers them by their cruel, grotesque, excessive strangeness. An extreme that we already find in many of his titles.

Blanquet shocks, provokes, troubles, likes to create uneasiness by manipulating our frustrations and his own obsessions. His tortured, anguished universe is populated by men, women and children that we see inhabited by the demon of perversity. But this tension between innocence and cruelty, between sexual jubilation and death drive is not hopelessness without a way out. Blanquet makes the skin with the repressed, resuscitates the flesh, the bodies delivered of the culpability and the fear to die. “To wear oneself out to the bone, stiff, stiff and red. The radicality of a work is not collective, it cannot be, it is with oneself, without posture, naked in front of death “.

Installation de Stéphane Blanquet / à l’Abbaye d’Auberive , lors de son exposition personnelle Par Les Masques Écornés, 2018

In 1993, invited by Jacques Noël for his first solo exhibition, Blanquet presented ‘Exposition Posthume’ at the Regard Moderne in Paris. Since then, his work has been shown regularly: MAC Lyon, Singapore Art Museum, Musée des Arts Décoratifs (Paris), Hayward Gallery (London), Halle Saint-Pierre (Paris), Museum of Fine Arts Boston (USA), etc. He recently had solo exhibitions at the Centre Georges Pompidou in Paris in 2016, the Fürstenfeldbruck Kunsthaus (Germany) in 2017 and the Abbaye d’Auberive in 2018.


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