Lumiere Sur: Audrey Faury

Audrey Faury ‘Photo de classe’ collage 2015

« ce sont des morts qui jouent à l’humain, des morts vivants grotesques ! »

Salut Audrey ! Cest très sombre ici, on peut allumer la lumière ?

Mes lampes sont toujours de seconde main, en piteux état, les ampoules grillent souvent… Mais je peux frotter des allumettes…

J’aime bien tous ces crânes ça me rappelle mon enfance, et toi tu tiens d’ où cet engouement pour l’os de tête ?

Il est chargé d’affects ! Je suis une fétichiste-animiste dont les rituels de protection prennent un temps fou; alors tout ces crânes que je dessine sont des offrandes aux morts que j’affectionne et ils me permettent aussi de me placer sous leur bénédiction ! Mes protecteurs édentés me font rire, ce sont des morts qui joue à l’humain, des morts vivants grotesque !

Le corps féminin est assez récurrent aussi dans ton travail, c’est par pur attrait des courbes ou est-ce que ça a une signification particulière ?

Je crois que je n’ ai toujours pas réglé mes conflits avec ma mère.

Aussi Freud pensait-il que le complexe d’Electre ne se résolvait jamais complètement chez la fille et que ses effets s’en ressentaient dans sa vie mentale de femme. Oui, c’est ça, oui, c’est très clair, dans ma vie mentale de femme…

Audrey Fawry, Dessins encre noire / stylo, collages (2019, 2018)
Audrey Fawry, ‘L’Amour au premier regard / Dessins et autres Romantismes à retrouver à la Galerie Le Mât chez Mr Nils Bertho pour l’expo Rifuel Fanglant 2015! Dessins encre noire / stylo, collages (2015, 2018)

Et comment tu as commencé à noircir du papier ?

En me servant du cordon ombilical dès ma sortie dans ce monde de dingues… Y ai su très vite que je serai nullissime en maths, en cuisine et en psychologie cognitive… Je devais trouver un moyen de me démarquer et d’exister en temps que femme très rapidement.

Tu as un style bien particulier, à la fais très fin et très brut, doux et inquiétant Tu as cherché longtemps avant de trouver ce qui te correspond ? Ou peut-être que tu te cherches encore en fait..?

C’est arriver sans crier gare, ça s’est infiltré insidieusement, à travers chaque pores de ma peau, et c’est resté là… Les gens sont souvant surpris quand ils me rencontrent, je ne corres­pond pas du tout à mes dessins (je suis souriante et je ne des­sine pas en porte-jarretelles).

En lisant ton entretien dans Illustre Magazine, f ai vu que tu parlait d’une BD à propos « d’une fille-chien qui engage un combat avec chaques sœurs enfantés. » Je lirais carrément ce genre de chose, est-ce que ça va voir le jour finalement ?

Ahahah ! Non ! Cette histoire est retournée au fond de son tiroir, la fille chien a grandi, n’a toujours pas retrouvé sa mère et s’est enlisée dans des textes pompeux… Comment trouver une fin ? D’autant plus que je hais les fins.

Audrey Fawry, Dessins encre noire / stylo, collages (2019, 2018)
Audrey Fawry ‘Old Fuckers Never Die’ Dessins encre noire / stylo, collages (2014)

« Je suis imagearienne, je me nourris de dessins et je suis une grande vorace… »

Et sinon qu’est-ce que tu mijotés en ce moment ?

Je suis la femme élastique avec un bras qui dessine pour le prochain Gonzine de Sarah Fisthole (que j’ aduuuule), un autre qui dessine pour un fanzine reptilien, un autre moyenâgeux, une expo à Bruxelles dans d’ anciens abattoirs (Ahahaha quelle idée judicieuse par les temps qui courent !), une jambe chez un projet avec un groupe de musique expérimentale, l’autre jambe qui court après Christophe Siébert pour des illustrations quand il voudra bien de moi et actuellement trois petits dessin à la galerie Le Mat de Nils Bertho à Montpellier…

Le futur c’est bientôt, on s’en approche doucement mais surement, pour toi 2016 année de..?

No more prothèses !

Désolée mais parler de mijoter ça me donne faim D’ailleurs de quoi se nourrissent le corps et l’esprits d’Audrey Faury ?

Je suis imagearienne, je me nourris de dessins et je suis une grande vorace… Chloé Poizat, Anne Careil, Fanny Mickaëlis, Daisuke Ichiba, Emre Orhun, Céline Guichard, (et je suis la fan numéro one d’ Arnus Horribilis) ; les photos de Wolfgang Tillmans, les univers des tatoueurs (genre Jean Luc Navette, Sixo Santos, Ophélie Taki, Jakub Tramecourt…); Je soupe aussi de textes… surtout ceux d’ Emily Dickinson ou de Marion Aubert…

Merci beaucoup pour cette interview, Banzaï est ravi de mieux te connaître ! Imaginons que cette interview se termine avec un générique, ce serait quoi la chanson de fin?

Oh my god Huuum, mmmmmm…. « Girl Just Want To Have Fun » de Cindy Lauper…

audreyfaury.tumblr.com


Cette interview est tirée du magazine Banzaï (2016)

banzai-editions.com


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